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Ecoliers

Sortie  le  28/04/2021  

De Bruno Romy avec l’instituteur monsieur Franc et les 24 élèves de CM2 de l’école primaire Victor Lesage de Caen dans la quartier Sainte-Thérèse


C’est l’histoire d’une vie intérieure : celle d’un CM2 de la banlieue de Caen, au sein duquel le réalisateur Bruno Romy a vécu, pendant plusieurs mois, au plus près des 24 écoliers et de leur instituteur, monsieur Franc. Equipant entièrement la salle de classe de micros, maniant seul sa caméra, il s’est fondu dans le décor et a gagné la confiance de tous. Rapidement, ni les élèves ni le maître ne se sont plus souciés de sa présence. Il a filmé la vie scolaire telle qu’elle est, c’est-à-dire telle qu’on ne la voit jamais.

On se souvient du documentaire Etre et avoir sorti en 2002, qui se déroulait dans une classe unique d’une école communale d’Auvergne, regroupant autour d’un seul maître enseignant « à l’ancienne » les enfants d’un même village, de la maternelle au CM2. Ici, c’est presque la même chose côté proximité, sauf que cette fois, on passe à une version légèrement supérieure à la précédente, auprès de 24 élèves d’une seule classe de CM2, filmés dans une école primaire près de Caen pendant une année scolaire entière (2016/2017).
La parole est donnée à ces derniers, les laissant réagir et intervenir à leur convenance, sans aucune direction ni demande particulière à leur encontre. C’est à celle(s) et à celui (ou bien ceux) qui se comportera le plus naturellement du monde devant la caméra placée à leur hauteur, ne s’occupant nullement de sa présence, que ce soit à l’intérieur de la classe ou alors à l’extérieur, dans la cour. Sans aucun véritable fil conducteur, on assiste à des cours tour à tour d’anglais, de maths et de français, parfois autour d’évaluations assis à leur table et de présentations faites au tableau, mais surtout à leurs nombreuses entraides, bisbilles, rêveries et autres apartés. La caméra est le témoin privilégié de ces moments certes fugaces mais secrets, volés ici et là en classe, où chacun(e) se laisse aller à des petites peurs et des grands doutes, à des réflexions souvent croquignolettes comme à des attitudes parfois drôles.
Composé de 3 chapitres bien distincts (le groupe ; les duos et trios ; les solos) ainsi que d’un épilogue « criant de vérité » où tous se lâchent en éructant chacun(e) différemment, ce documentaire du réalisateur caennais (Quand j’avais 6 ans, j’ai tué un dragon) nous offre des portraits d’élèves aussi tendres qu’émouvants, aussi nature qu’attachants, et aussi attendris que touchants, le tout à travers des bouilles d’enfants incroyables et jamais grotesques, quelque soit la situation prise sur le vif.

C.LB



 
 
 
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