en 
 
 
cinema

 
 

Le sens de la famille

Sortie  le  30/06/2021  

De Jean-Patrick Benes avec Alexandra Lamy, Franck Dubosc, Christiane Millet, Rose de Kervenoaël, Mathilde Roehrich, Artus et Jackie Berroyer


Un matin, les Morel se réveillent avec un gros problème. Ils découvrent que l'esprit de chacun est coincé dans le corps d’un autre membre de la famille ! Chacha, 6 ans, est dans le corps de Papa, Papa dans le corps de son ado de fils, le fils dans le corps de la grande sœur, la grande sœur dans le corps de la mère, et la mère dans le corps de Chacha…. Vous n’avez pas suivi ? Eux non plus. Et ce n’est que le début.

Transférer son esprit dans un nouveau corps, celui de quelqu’un(e) d’autre que vous : voilà un pitch scénaristique vieux comme le monde, du moins, déjà bien entamé au cinéma : souvenez-vous entre autres de Big (un enfant souhaite devenir plus vieux), Dans la peau d’une blonde (un play-boy tout juste décédé revient sur terre en grande blonde pulpeuse), Didier (Alain Chabat transformé en labrador), Dans la peau de John Malkovich (un marionnettiste accède au cerveau d’un comédien), Freaky Friday (une mère prend l’apparence de sa fille), 17 ans encore (un homme de 37 ans se retrouve propulsé ado 20 ans en arrière lorsqu’il n’avait que 17 ans), Echange standard (2 copains d’enfance se réveillent subitement dans la peau de l’autre), ou bien encore L’un dans l’autre (2 amants se retrouvent dans le corps de l’autre et chacun va devoir vivre la vie de l’autre) ! Ainsi planté, le tableau s’annonce forcément (un peu) lourd, (un peu trop) gros, voire carrément exagéré, situations assez improbables à la clé.
Mais c’était sans compter sur la présence ô combien bénéfique d’acteurs parfaitement à l’aise dans leurs « multiples » rôles, plus compétents et roublards les uns que les autres, notamment l’excellente Alexandra Lamy très crédible dans son comportement de « mec père de famille » assumé, le formidable Franck Dubosc fort nuancé et sans en faitre des tonnes en petite fille puis en ado fêtarde, sans oublier la surprenante Rose de Kervenoaël en fille de 7 ans capable de gérer des parents sacrément « à l’ouest ». Si ça dégénère parfois – et pour cause ! -, le rythme ne manque pas (trop) malgré quelques légers ralentissements ici et là (dit parfois mous du genou !), et la narration, truffée de clichés souvent éhontés, regorge de bons sentiments et autres actes moralisatrices, un moyen de ne pas choquer quelques âmes sensibles un tantinet tatillonnes sur les bords.
Sans vous dévoiler le pourquoi du comment de l’histoire, sachez juste que ce genre de manifestation, pardon, de complication se déclenche en dormant et que l’état n’est apparemment pas permanent. Bravo au réalisateur et scénariste Jean-Patrick Benes (Vilaine ; Kaboul kitchen ; Arès) qui a su éviter certains écueils et clichés prévisibles dans ce « body swap movie », une comédie fantastique à forte connotation familiale et à la perspective plutôt bon enfant, autour d’échanges de corps et de désenchantements à plusieurs (6 personnes), assez bien ficelée et pas si compliquée que cela à comprendre ni à suivre dans ce jeu de qui est qui, fort heureusement pour nous, spectateur.

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique