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Respect

Sortie  le  08/09/2021  

De Liesl Tommy avec Jennifer Hudson, Lodric D.Collins, Forest Whitaker, Marlon Wayans, Audra McDonald, Marc Maron, Tituss Burgess, Saycon Sengbloh, Hailey Kilgore, Tate Donovan, Heather Headley, Skye Dakota Turner et Mary J. Blige


Le film suit l’ascension de la carrière d’Aretha Franklin, de ses débuts d’enfant de chœur dans l’église de son père à sa renommée internationale. RESPECT est la remarquable réelle histoire retraçant le parcours de cette icône de la musique.

« La reine de la soul » est décédée il y a tous justes 3 ans – le 16 août 2018 – et voilà déjà que sort au cinéma un biopic sur sa vie et son parcours (comment elle a commencé et où cela l’a mené), tourné forcément en grande partie l’année dernière et donc écrit sans (aucun) doute dans la foulée de ses funérailles. On n’a pas trop attendu qu’elle soit morte et enterrée – c’est-à-dire encore « chaude » - pour proposer un pitch sur son histoire, certes incroyable – quelle voix, quel tempérament et quels tubes aussi ! – mais d’une forme très classique, voire d’une certaine « banalité » scénaristique, lorsque l’on voit comment elle est représentée à l’écran.
En effet, pendant 2h25, on assiste autant à son enfance, entourée d’affection et d’amour dans une charmante famille divorcée, qu’à sa lente mais réelle trajectoire jonchée d’enregistrements de chansons toutes mémorables (une BO aussi superbe que d’enfer, notamment autour de la création « rapide » de quelques-uns de ses standards) comme de concerts, d’interviews (réalisés en noir et blanc comme jadis) et autres prestations, le tout sur fond de rencontres avec des musiciens, des responsables de maisons de disques et des proches qui ont réellement gravité autour d’elle. Il n’y a rien ici qui ne sort de « l’ordinaire » et du déjà vu : ça chante à tue-tête jusqu’à s’époumoner, ça gesticule avec un maniérisme très affiché pour ne pas dire trop excessif par moment, ça pleure pas mal jusqu’à verser dans le larmoyant également. Bien évidemment, il y a les « bons nègres », sans oublier le « mouton noir », contre les « gentils et certains méchants blancs », ainsi que les phrases imparables et incontournables en de telles circonstances (« Ta voix vaut de l’or » ; « la musique te sauvera la vie »…).
Vous n’échapperez donc pas aux éternels espoirs, conflits (les hauts comme les bas) et parfois drames qu’ont subi – et continuent à affronter encore aujourd’hui - les afro-américains : ici, un père autoritaire (Forest Whitaker, toujours impérial), un mari violent (Marlon Wayans, abonné plutôt aux rôles dans des comédies), des démons qui reviennent inlassablement, plus une actualité ségrégationniste à coups de rares images d’archives avec l’apparition de quelques grandes figures qui ont marqué les années 50, 60 et 70 aux U.S.A. tels que par exemple le pasteur Martin Luther King et la militante Angela Davis). Quant à la prestation de la chanteuse et actrice Jennifer Hudson (Dreamgirls ; Cats), elle arrive malgré tout à convaincre grâce à un certain mimétisme. Un film nécessaire, sur une chanteuse qui a indéniablement marqué son époque, mais sans être exemplaire (elle aurait mérité mieux), qui devrait à coup sûr ravir les fans de la défunte « Judy Garland noire ».

C.LB



 
 
 
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