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La abuela (sur Canal + Cinéma)

Sortie  le  31/10/2022  

De Paco Plaza avec Almudena Amor, Chacha Huang, Vera Valdes, Karina Kolokolchykova et Pablo Guisa Koestinger


Susana, un jeune mannequin espagnol, est sur le point de percer dans le milieu de la mode parisien. Mais quand sa grand-mère est victime d’un accident la laissant quasi paralysée, Susana doit rentrer à Madrid dans le vieil appartement où elle a grandi afin de veiller sur celle qui constitue son unique famille. Alors qu’approche leur anniversaire commun, de vieux souvenirs resurgissent en parallèle d’événements étranges, et le comportement de sa grand-mère devient de plus en plus inquiétant…

Les grands-mères ne sont vraiment plus ce qu’elles étaient : les voilà dorénavant un peu rock’n’roll limite olé olé, légèrement « sorcières » sur les bords et, en plus indignes, un tantinet lesbiennes par-dessus le marché ! Elles enivrent leurs petites-filles avec des boissons alcoolisées puis se déshabillent et se bécotent devant elles comme si de rien n’était : non, j’vous jure, y a plus d’époque ! Heureusement, là où elles vivent ressemblent encore à ces bons vieux appartements d’un autre temps qui fleurent bon la naphtaline et le parquet ciré, parsemés de photos anciennes aussi bien sur les murs que sur les tables du salon. Et puis, une grand-mère, ça sait aussi vous attendrir et vous retenir, toujours d’une manière ou d’une autre !
Alors quand on a vécu aussi longtemps chez l’une d’entre elles, on se doit de se plier à ses 4 volontés et autres exigences, même si celles-ci sont extrêmement silencieuses voire complètement muettes. Qu’est-ce que ça peut bien vous faire de passer quasiment vos journées et vos nuits avec elle, quand cette dernière vous a recueilli et élevé comme sa propre fille à la mort de vos parents ? Comment vouloir la confier à une autre personne, une aide à domicile, ou bien la placer dans un établissement spécialisée, elle qui n’est plus véritablement autonome depuis une hémorragie cérébrale, alors qu’elle vous a tant choyé, chouchouté et dorloté ? Même si cette « abuela » donne des signes aussi bizarres qu’inquiétants, possédant des pouvoirs surnaturels qu’on n’imaginait même pas, ce n’est pas une raison pour avoir peur et crier à la moindre (ré)action de sa part.
Cela dit, il faut bien le faire remarquer, n’ayant plus tout à fait sa tête depuis sa sortie d’hôpital, elle réagit d’une façon assez déroutante pour ne pas dire maléfique, réussissant à « éliminer » (uniquement au sens propre) tous les obstacles qui pourraient venir se placer en travers de sa route (si toutefois « route » a encore une réelle signification pour elle !). Bref, mieux vaut suivre ses « directives » à la lettre, de crainte d’y passer aussi ! D’ailleurs, à quoi bon vouloir se battre contre une personne « possédée » qui sait avoir la mainmise sur vous et les autres, qui est capable de vous clouer au sol sans la moindre intervention physique de sa part et vous « transmettre » son âme aussi noire soit-elle !
Le réalisateur espagnol Paco Plaza (Les enfants d’Abraham ; la trilogie REC ; Veronica ; Quien a hierro mata) nous propose du cinéma fantastique relevé d’épouvante et d’horreur comme il l’aime, c’est-à-dire tourné en intérieur (notamment à Madrid) avec des personnages (souvent des vieilles dames) certes au visage d’ange mais aux activités paranormales quelque peu monstrueuses au-dedans. Pour cela, il s’est entouré de la ravissante Almudena Amor (très convaincante) et de l’énigmatique Vera Valdez (ancienne mannequin d’origine brésilienne qui a eu une vie assez mouvementée, à l’image de certains passages du film). Quant à la tension, elle est certes palpable (des visions déformées et cauchemardesques) mais assez lancinante, du moins pas autant que la BO qui, elle, est plutôt bien amenée et parfois angoissante.

C.LB



 
 
 
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