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The innocents

Sortie  le  09/02/2022  

De Eskil Vogt avec Rakel Lenora Flottum, Alva Brynsmo Ramstad, Sam Ashraf, Mina Yasmin Bremseth Asheim, Morten Svartveit et Kadra Yusuf


Dans la quiétude estivale d’une banlieue nordique, quatre enfants se découvrent d’étonnants pouvoirs et jouent à tester leurs limites, loin du regard des adultes, dans la forêt environnante et le parc avoisinnant. Mais ce qui semblait être un jeu d’enfants, prend peu à peu une tournure inquiétante...

*THe innocents vient de remporter le Prix de la Critique et le Prix du Public au festival international du film fantastique de Gérardmer


Il est sûr voire évident qu’après avoir vu ce film, vous ne regarderez plus du même œil vos jeunes enfants - ou alors ceux des autres – jouer ensemble. On sait qu’un enfant est capable de beaucoup de chose, d’être sans pitié les uns envers les autres, de se faire du mal entre eux, même parfois pire mais sans qu’il se rende vraiment compte ou qu’il soit réellement conscient de la gravité de certains de ses faits et gestes, souvent autour de simples jeux (« interdits ») tout à fait de son âge. C’est ce que dépeint cette production fantastique tout en nuance et subtilité, qui a reçu le prix du public au dernier festival fantastique de Strasbourg.
Le réalisateur et scénariste norvégien Eskil Vogt (Blind en 2015, et co-scénariste attitré du cinéaste Joachim Trier) n’a pas son pareil pour installer une ambiance anxiogène prenante et maîtriser une atmosphère sensorielle inattendue, à la fois angoissante et glaçante limite horrifique, grâce à des plans certes assez lents mais particulièrement originaux, le tout à travers les nouvelles aptitudes ou dons surnaturels que 4 jeunes d’âges différents ont réussi à développer entre eux. Il est question de déplacement d’objets, d’ouïe ultra fine et, surtout, de visions, de communication transmissive et d’interaction mentale chez certain(e)s. Ils arrivent à explorer ces sortes de phénomènes paranormaux, au début de façon positive et ludique, sans réelle importance ni conséquence, avant de basculer dans l’effroi en convoquant cette énergie aussi maléfique que destructrice sans véritablement pouvoir parfaitement la canaliser, et cela uniquement par la seule volonté de leur esprit parfois gentil, parfois méchant. Et gare à celui – ou celle – qui manifestera une pensée désagréable ou négative pour l’autre ou qui aura voulu faire du mal à autrui !
La réussite de ce drame inventif et latent, en forme de thriller impressionnant, est aussi à porter au choix judicieux du casting et au mérite des petits acteurs (et tout spécialement à celle qui interprète une autiste, martyrisée par sa sœur), celui de protagonistes à forte personnalité et à intense présence à l’écran, tour à tour avenants et bizarres, agréables et étranges, tous bien décidés à aller plus loin dans certaines de leurs distractions cruelles ou expériences perverses. Qui n’a pas eu un jour ce type d’envie effrayante, de déviance immorale ou de désir dit monstrueux, secret que l’on s’est toujours bien gardé de dévoiler ou de révéler à quiconque ?

C.LB



 
 
 
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