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Azuro

Sortie  le  30/03/2022  

De Matthieu Rozé avec Valérie Donzelli, Thomas Scimeca, Yannick Choirat, Maya Sansa, Nuno Lopes et Florence Loiret-Caille


Un été. La torpeur. Une chaleur écrasante. Un climat déréglé. Un village coincé entre la mer et la montagne. Pas de réseau. Pas de portable. Des amis qui se connaissent trop bien. Rien à faire. Ou si peu. Les vacances. Et puis arrive un bateau. Et de ce bateau, descend un homme. Un homme mystérieux…

Tous les ingrédients étaient réunis pour que cette histoire de séduction attire notre attention et éveille notre curiosité : une adaptation cinématographique d’un roman de Marguerite Duras intitulé Les petits chevaux de Tarquinia, un tournage dans un endroit paradisiaque situé sur les bords de la Méditerranée côté italien, un casting assez jeune, plutôt confirmé et au final plus ou moins convaincant, le tout sur fond de comédie sentimentale pas le moins du monde dramatique. Bref, tout était en place pour que l’on passe 1h45 en bonne compagnie !
Malheureusement, au final, rien ne tient vraiment la route ici, ni le scénario qui s’étire en longueur – et en torpeur – sans qu’il se passe vraiment quelque chose de passionnant ou de surprenant, ni les dialogues d’une futilité excessive autour de questions existentielles dites « amoureuses » sans aucun intérêt, et encore moins les acteurs qui jouent faux donc mal, pas naturel pour 2 sous. Tout ce petit onde passe son temps à fumer – alors qu’un immense feu embrase une bonne partie de l’île sur laquelle ils sont venus se poser -, à jacasser à tout va pour finalement ne rien dire de franchement intéressant, et à rouspéter constamment pour des détails qui n’en valent pas la peine, en un mot, sans intérêt narratif.
C’est à croire que pour son premier long métrage, le réalisateur Matthieu Rozé s’est amusé à filmer des adultes – plus 2 enfants – dans un décor certes idyllique juste pour le (bon) plaisir de joindre l’utile à l’agréable, c’est-à-dire de passer quelques jours en vacances tout en tournant quelques plans à la sauvette, sans véritable suivi, voire sans queue ni tête, assemblés les uns aux autres sans aucune véritable raison apparente. Ne parlons pas des « effets spéciaux » à peine crédibles, dignes de ceux créés dans les années 40, le tout à coup d’incrustes bas de gamme grotesques et de filtres colorés assez ridicules.
Là-dessus, il faut rajouter une Valérie Donzelli, personnage central, qui « remarque tout » mais reste inexorablement blanche alors que tous les autres protagonistes sont totalement bronzés – même son Apollon « grec » est plus véridique qu’elle (interprété par le charmant portugais Nuno Lopes, vu notamment dans Cadences obstinées, Le vent tourne, et Une fille facile) -, ainsi qu’une B.O. furtive, estampillée « ambiance d’été » pas très inspirée. En résumé, un film "farniente" ennuyeux qui dénature l'oeuvre de la grande romancière et qui tombe à l’eau (de mer) dans tous les sens du terme, sans éventualité ni possibilité de surnager un tant soit peu dans cet « océan » de lenteur affichée et de platitude ambiante !

C.LB



 
 
 
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