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Le temps des secrets

Sortie  le  23/03/2022  

De Christophe Barratier avec Léo Campion, Guillaume De Tonquédec, Mélanie Doutey, François-Xavier Demaison, Michel Vuillermoz, Anne Charrier et Olivia Côte


Marseille, juillet 1905. Le jeune Marcel Pagnol vient d'achever ses études primaires. Dans trois mois, il entrera au « lycée ». Trois mois... une éternité quand on a cet âge. Car voici le temps des vacances, les vraies, les grandes ! Enfant de la ville, ce retour tant attendu à ses chères collines d'Aubagne et d’Allauch, celles de « La Gloire de mon père » et « Le Château de ma mère » le transporte de bonheur. Il y retrouve la nature, les grands espaces et surtout son ami Lili toujours prêt à partager de nouvelles aventures, à l’âge où le temps de l’insouciance laisse place à celui des secrets.

Après les réalisations plutôt assez récentes de Claude Berri (Jean de Florette ; Manon des sources), d’Yves Robert (La gloire de mon père ; Le château de ma mère) et de Daniel Auteuil (La fille du puisatier ; Marius ; Fanny), c’est au tour de Christophe Barratier de s’attaquer à l’une des œuvres de Marcel Pagnol, en l’occurrence en mettant en scène Le temps des secrets, édité en 1960. Lui, le « spécialiste » nostalgique des films d’antan mais d’une période pas si éloignée que cela de nous (Les choristes ; Faubourg 36 ; La nouvelle guerre des boutons), à grand renfort de reconstitutions minutieuses d’une époque révolue, ainsi qu’à coup de paysages champêtres et d’un casting à la hauteur du projet.
Cette fois, il a voulu rendre un (très) vibrant hommage aux nombreux écrits de l’écrivain foisonnant natif d’Aubagne (Bouches-du-Rhône) et plus particulièrement à l’un de ses « Souvenirs d’enfance » tirés des tomes 3 et 4 - (La gloire de mon père et Le château de ma mère faisant parties des tomes 1 et 2). C’est l’occasion de (re)découvrir l’adolescence de Marcel, entouré de ses parents et de ses frères et sœurs avec, pour jolis décors ambiants, les garrigues et les collines avoisinantes situées à la périphérie de Marseille, véritable paradis pour le jeune garçon d’une douzaine d’années. Et là, il ne s’est pas privé de nous servir un medley de bons sentiments bien mielleux, de belles valeurs défendues, avec de la bienveillance dans chaque séquence et des sourires en veux-tu en voilà (surtout ceux de Mélanie Doutey), le tout « noyé » d’une musique valsante à travers une BO très voire trop orchestrée, bref, de quoi vous tirez la larme à l’œil à chaque fois qu’elle résonne.
Vous l’aurez vite compris, il a joué à fond la carte de la tendresse, de la sensibilité, de la bonté et de l’émotion en étalant « que du bonheur » dans quasiment toutes les scènes, n’omettant nullement de faire parler les enfants comme s’ils étaient des adultes avec un vocabulaire pas franchement rural, sans oublier de choisir le jeune acteur principal le plus touchant et le plus craquant qui soit (Léo Campion – non, pas le chansonnier ! -, charismatique à souhait !). Et tout cela au détriment d’une originalité visuelle nouvelle (ce sont toujours les mêmes lieux qui servent de tournages avec en prime son lot d’animaux présents à l’écran telle une ode à la nature) puisque cette histoire avait déjà été adaptée sous la forme d’un téléfilm en 2007 (suivi du Temps des amours) avec tout autant de dignité et de sincérité que de qualité, de finesse et de respect envers l’auteur si cher à sa Provence natale.
Côté autres prestations, on rigole un peu à la vue de Guillaume de Tonquédec et de François-Xavier Demaison (ce dernier jouant ici le comique de service) qui se forcent à prendre l’accent et parfois à forcer le trait, alors qu’on les sait d’origine très éloignée du Sud. Au final, on est face à un remake certes fort esthétique mais qui se borne à ressembler à un livre d’images bourré de situations aussi agréables que parfaites voire idylliques (pas l’ombre d’un mystère à se mettre sous l’œil ni la moindre intrigue à l’horizon si ce n’est la participation cachée d’Augustine pour l’émancipation des femmes !). En résumé, du beau et consciencieux travail sans supplément ni état d’âme et encore moins d’autre forme d’étincelle ou de ressort !

C.LB



 
 
 
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