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Le smoking (sur Ciné + Family)
Sortie
le 09/03/2026
De Kevin Donovan avec Jackie Chan, Jennifer Love Hewitt, Jason Isaacs et Debi Mazar
Jimmy Tong est le chauffeur du célèbre industriel et playboy Clark Delvin, dont seuls quelques rares privilégiés connaissent la véritable activité : agent secret de la CSA. Temporairement mis hors d’action, Delvin demande au chauffeur d’endosser son smoking, un article ultra-précieux auquel il lui était jusqu’alors interdit de toucher. Jimmy découvre que cet article de luxe, bourré d’électronique et de gadgets high-tech, confère à son possesseur des dons extraordinaires, en le rendant capable de chanter, danser, bondir, se battre comme un lion, toutes choses bien étrangères au brave mais inepte Jimmy. Prenant à son corps défendant la succession de son maître, le petit chauffeur se voit alors rapidement entraîné dans la plus étonnante des aventures….
Et quelle aventure ! Encore un film parodique, pâle copie du célèbre agent secret 007, l’incontournable James Bond. N’imaginez pas un instant vous retrouver en face d’une sorte de Pierce Brosnan ou du type Vin Diesel dans XXX, vous serez déçu du voyage ! Non, ce divertissement à prendre au 2ème degré est seulement un prétexte, facile je vous l’accorde, pour mettre en situations rocambolesques et soi-disantes périlleuses le « petit » comédien asiatique plein de muscles, Jackie Chan. Il est certainement très péjoratif d’utiliser ce terme de petit pour l’une des plus grosses vedettes populaires du cinéma mondial. Pour ceux qui ne connaissent pas sa dextérité, ses acrobaties hallucinantes et ses prouesses techniques au combat, il leurs suffira de penser à un Bruce Lee en plus rigolo qui mêle en même temps cascades échevelées et gags burlesques. D’ailleurs, il ne faut pas quitter la salle avant d’apercevoir au générique de fin le bêtisier de toutes ses cascades ratées ! Pour les autres, ce n’est assurément pas la meilleure production à laquelle il ait participé. Depuis les succès de Rush hour 1 & 2, sa popularité est telle qu’il tourne au moins un film par an et qu’il est devenu une véritable star aux Etats-Unis. Succès oblige, le voilà encore dans un film d’action, apparemment ciblé pour adolescents pas très regardant sur la véracité des faits. Après le super flic, le voilà en simple espion, certes toujours énergique et de bonne humeur mais sacré gaffeur devant l’éternel et bien ordinaire comparé à tous les rivaux qui ont interprétés ce type de personnages au cinéma ! Rien de vraiment transcendant ici : des poursuites en-veux-tu-en-voilà, des combats d’arts matiaux chorégraphiés à la queue-leu-leu, des effets spéciaux gentillets, des envolées grossières, des gadgets étonnement invraisemblables (un costume magique qui peut tout faire comme celui de l’inspecteur Gadget), des expressions grimaçantes à la pelle, un peu de tendresse et de sentiments pour calmer le jeu, le tout sur fond d’histoire abracadabrante et d’énigme ridiculement pas original. On pourrait croire par moment que ce smoking très spécial volerait la vedette à l’inepte Jackie Chan, mais ce costume est d’aspect tellement banal dans sa coupe, sa représentation et sa conception (un costume classique quoi, même signé par Armani !) qu’on n’est pas une seule fois impressionné. On ne croit pas non plus à ce scénario complètement farfelue où un industriel mégalo décide de s’approprier le marché mondial de l’eau et d’empoissonner toute l’eau minérale avec un virus qui déshydrate tous ceux qui en boivent (!), d’autant plus qu’on sait d’avance qui sortira vainqueur (et sans une seule égratinure) au final. Pour corser légèrement l’intrigue malheureusement largement éventée, on place à côté de Jackie Chan une partenaire-assistante à forte poitrine, novice et fofolle, donc très nunuche, Jennifer Love Hewitt (Souviens-toi l’été dernier 1 & 2, Beautés empoisonnées), et en face de lui, une brute vraiment très quelconque, un méchant pas crédible pour un sou, plutôt passe-partout et plus proche du petit voyou bagarreur anglais que du vrai malfrat aristocrate américain, Richie Coster (L’affaire Thomas Crown, 15 minutes). A part cela, le rythme, le montage et les ambiances sont les mêmes d’un film à l’autre, dosés comme il se doit avec quelques allusions en dessus de la ceinture (gros nibards en vue et à répétition) pour ne pas (trop) décevoir les fans de ce type de comédies passe-partout. Ce n’est pas qu’on s’amuse, ni qu’on s’ennuie, mais c’est qu’on a déjà vu cela 100 fois et que ce pur divertissement de série B n’apporte rien de nouveau dans le milieu du cinéma, surtout en cette période de fêtes de fin d’année. Du fast-movie comme il en existe des centaines ! On s’étonnera juste de voir certains comédiens, et même le légendaire James Brown (Mr.Soulman), se tremper dans ce style de film avec un titre aussi peu racoleur que celui-ci. Représentatif uniquement des pitreries et des exploits physiques de Jackie Chan, cette réalisation sans grande envergure (sauf peut-être le budget) ne fait que repousser un peu plus les limites de la vraisemblance et ne restera pas dans les annales du 7ème art. Elle aura au moins la satisfaction de faire plaisir aux inconditionnels du genre humour et action mélangés. Comme quoi, tel le fameux dicton, l’habit, pardon le smoking ne fait pas le moine, excusez-moi, un bon film et surtout une bonne histoire !
C.LB
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