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On sourit pour la photo

Sortie  le  11/05/2022  

De François Uzan avec Jacques Gamblin, Pascale Arbillot, Pablo Pauly, Agnès Hurstel et Ludovik


Thierry passe ses journées à classer ses photos de famille, persuadé que le meilleur est derrière lui. Lorsque Claire, sa femme, lui annonce qu’elle le quitte, Thierry, dévasté, lui propose de refaire « Grèce 98 », leurs meilleures vacances en famille. Officiellement, il veut passer une dernière semaine avec leurs enfants avant de leur annoncer la séparation. Officieusement, il espère reconquérir sa femme ! Mais les enfants, désormais trentenaires, sont moins dociles qu'il y a 20 ans et la chasse aux souvenirs sur les routes de Grèce va vite fatiguer tout le monde En tentant de raviver la flamme de son couple, Thierry va mettre le feu à sa famille...

Voilà un bel exemple de pure comédie de vacances pleine de légèreté, familiale dans toute sa splendeur et estivale à souhait, agrémentée de tous les ingrédients « feel-good » qui vont avec : une petite fratrie issue de la classe moyenne au demeurant fort sympathique, un voyage bien dépaysant qui fleure bon les vacances paradisiaques, des péripéties bon-enfant certes exagérées mais affichées et assumées totalement, sans oublier un happy end de circonstance pour finir en beauté. Pas de scénario alambiqué ou trop complexe, ni de prises de tête appuyées et encore moins de drame ou tragédie pour plomber l’ambiance : ici, c’est on s’amuse gentiment en forçant souvent le trait et, s’il le faut, on en rajoute dans les clichés éhontés et les lourdeurs soulignées.
De plus, on a choisi le casting adéquat, histoire de rendre les (mes)aventures de cette smala encore plus croquignolettes : un Jacques Gamblin crispant en père qui a tout planifié, plein de bonnes volontés et intentions, une Pascale Arbillot toujours aussi ravissante en mère qui veut divorcer, un Pablo Pauly énervant en fils looser (vu notamment dans Patients, Trois jours et une vie, et The french dispatch), une Agnès Hurstel parfaite en fille tête à claques qui lâche la pression (présente entre autres dans Garde alternée, Les affamées et bientôt dans Z comme Z), et un Ludovik excellent en « monsieur je sais tout » et futur gendre irritant (Je compte sur vous ; Le manoir ; La grande classe). Ainsi que la Grèce qui a son rôle à tenir mais loin des cartes postales habituelles. Bref, ils jouent tou.te.s la comédie de la famille heureuse alors que ça bat de l’aile sérieusement !
Cette « transition douce », où chacun(e) essaye de rester positif quelque soit l’occasion, est la première « œuvre » cinématographique de François Uzan, scénariste de films comme Le mac, Stars 80, Les âmes de papier, et Hibou (pour la télévision, on lui doit Family business et Lupin), et son amour des eighties se ressent même à travers une BO connotée nostalgique à donf : on a le droit à des tubes comme I will survive (en version originale et traduite en français) et Walking on sunshine de Katrina and The Waves un peu partout dans son long métrage haut en couleurs musicales. Vous l’aurez (vite) compris, cette production, qui se regarde sans déplaisir, ne restera pas forcément (longtemps) dans les annales du 7ème art, même si elle a été récompensé d’un Prix spécial du jury au Festival de l'Alpe d'Huez 2022.

C.LB



 
 
 
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