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Mascarade

Sortie  le  01/11/2022  

De Nicolas Bedos avec Pierre Niney, Isabelle Adjani, François Cluzet, Marine Vacth, Emmanuelle Devos, Laura Morante et Charles Berling


Lorsqu’un jeune gigolo tombe sous le charme d’une sublime arnaqueuse, c’est le début d’un plan machiavélique sous le soleil brûlant de la Côte d’Azur. Les deux amoureux sont-ils prêts à tout pour s’offrir une vie de rêve, quitte à sacrifier celle d’une ancienne gloire du cinéma et d’un agent immobilier ?

Bienvenue au pays illuminé des « pigeons » - dans le sens assez péjoratif du terme bien sûr ! -, entre trahisons, crimes et passion ! Un florilège de réactions somme toutes très humaines sur fond de témoignages à un procès, où chacun.e des protagonistes y va de sa petite histoire, autour du bon - ou non – déroulement des faits. Soyez prévenu, il y a beaucoup d’immoralité ici mais aussi pas mal de sentiments exacerbés, de rebondissements inattendus, de tempérament fougueux et d’humour subtil, tout cela comme souvent sous le soleil de la Côte d’Azur - à Nice plus précisément ! -, lieu privilégié voire souvent idéal pour représenter le vice et dépeindre les mœurs d’un monde aussi dérisoire que cynique et cruel, celui de l’argent roi.
On doit cet astucieux jeu masqué du chat et de la souris à l’acteur devenu scénariste et réalisateur Nicolas Bedos (M. et Mme Adelman ; La belle époque ; OSS117 : Alerte rouge en Afrique) qui nous brosse, sans concession mais parfaitement orchestré, le portrait haut en couleurs - et en rythme svp ! - de plusieurs personnages dont certains manipulateurs et d’autres, victimes. D’un côté, les « plumés » (Adjani dans un rôle vraiment pas du tout de composition, poussant la chansonnette plutôt bien d’ailleurs ; Cluzet dans celui d’un sanguin amoureux qui lui va si bien – il avait interprété le même genre de protagoniste berné dans le film 4 étoiles -), et de l’autre les arnaqueurs « déguisés » (Niney formidable qui ajoute une nouvelle corde à son arc déjà bien rempli, celui de danseur ; Marine Vacth, excellente voire très brillante pour ne pas dire ultra performante en tout point – souvenez-vous de Jeune et jolie, de Belles familles, et de L’amant double ! -, portant sur ses « frêles » épaules l’intégralité du film).
C’est cette dernière accapare tous les regards – et le sien est si perçant, si troublant, si intense ! -, tenant à bout de bras cette fresque hypocrite et virevoltante, cette comédie à la fois stylisée et osée, mâtinée en thriller noir, plus proche de la tartufferie dans le sens large du terme (d’où le titre), où règne plein de romance, d’oisiveté, de sous-entendus, de mensonges, de couple dysfonctionnel, de coups bas, d’adultère, de sensualité, de glamour, de clinquant, d’emprise, de corruption, de pouvoir, d’exotisme, sans oublier d’effets spéciaux (le visage numérisé d’Adjani à 30 ans est collé sur un film). Bref, on ne se lasse pas de les voir tou.te.s (quel casting de luxe !) s’illustrer, lâcher-prise, s’amuser à faire prendre aux autres des vessies pour des lanternes, le tout dans un carnaval ambitieux de chassés croisés nuancés, des plus justes, des plus savoureux et des plus astucieux qui soit. Un must en ces temps de disette cinématographique !

C.LB



 
 
 
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