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Reste un peu

Sortie  le  16/11/2022  

De Gad Elmaleh avec Gad Elmaleh, Régine Elmaleh, David Elmaleh, Judith Elmaleh, Delphine Horvilleur, Jérémie Dethelot et la participation de Roschdy Zem


Après trois années à vivre l’«American dream» Gad Elmaleh décide de rentrer en France. Sa famille et ses amis lui manquent. Du moins, c’est la réponse officielle pour justifier son retour… car Gad n’est pas (seulement) rentré pour le couscous de sa mère. Non, c’est une autre femme qu’il vient retrouver à Paris… la Vierge Marie.

On connaît Gad Elmaleh comme humoriste et acteur, un peu moins comme cinéaste. Il a pourtant réalisé Coco en 2009, tiré de l’un de ses personnages comiques interprétés sur scène, ainsi qu’un téléfilm/documentaire - qu’il a en plus produit - intitulé 10 minutes in America en 2014. De cette toute dernière expérience façon reportage, il a décidé de la prolonger en l’adaptant cette fois en version cinéma et d’en faire une sorte de production mi-documentaire réaliste pris sur le vif, mi-long-métrage de fiction réunissant toute sa famille au grand complet (mère, père, sœur, cousins et autres, notamment ses amis), les mettant en scène dans leur propre rôle ainsi que dans une ambiance jubilatoire, soit chez eux (à Paris) soit ailleurs, le tout avec beaucoup d’improvisation au niveau des dialogues.
Côté narratif, Gad a abordé un sujet certes comique – lui, un juif sépharade traditionnaliste, qui a demandé le baptême pour se convertir au catholicisme, au grand dam de ses proches ! – mais sensible – le fils, qu’il a eu avec Charlotte Casiraghi (princesse de Monaco), a été baptisé catholique alors qu’il espérait l’inscrire dans les rites traditionnels de sa religion (le couple s’est d’ailleurs séparé très peu de temps après). Bref, voilà notre homme, la cinquantaine toute récente, qui va nous faire un gros délire avec les églises et surtout avec une religion qui n’est pas la sienne mais qui lui accapare de plus en plus l’esprit, tout en essayant de ne pas trop renier ce qu’il fait et ce qu’il est, en un mot, ses propres origines.
On a la très nette impression d’assister à la fois à un vibrant hommage rendu à ses parents d’ascendance marocaine et toujours bien vivants (sa maman est impayable : une actrice née !), et à un chemin de la foi - voire plutôt un égarement pour certain(e)s - assez drôle, où notre personnage principal essayera d’aller jusqu’au bout de son parcours spirituel (et ici, ça ne manque vraiment pas de spiritualité, dans tous les sens du terme d’ailleurs !), lui qui veut changer de prénom (Jean-Marie !) tout en espérant que sa communauté le suivra dans sa nouvelle démarche. Peine perdue, les uns comme les autres vont tenter de le dissuader et de le remettre dans le droit chemin dont il est issu et si « attaché », celui de retourner à sa famille et aux traditions que sa religion lui impose. Renoncera-t-il ? Mystère et boule de gomme !
On pense également au film « Le prénom » (avec Patrick Bruel) dans le cheminement structurel et le montage scénaristique que Gad a voulu installer – un constat de base annoncé qui va tout chambouler -, montant progressivement son sujet pour atteindre un degré de paroxysme proche de l’incompréhension la plus totale parmi la plupart des intervenants. On n’est pas loin non plus de « Tout simplement noir » (de et avec Jean-Pascal Zadi), c’est-à-dire une suite de saynètes tour à tour touchantes et parfois hilarantes, où la question est de savoir s’il faut pleurer (on le voit peu serein et encore moins apaisé à l’approche du jour fatidique, et cela malgré quelques bonnes vannes lancées ici et là !), ou s’il faut en rire (3 courts extraits de ces stand-up et plusieurs réactions très imagées de personnes directement concernées, tel un rabbin).
Au final, ça vaut un bon sketch – comme l’avait été Coco en son temps -, sans doute un peu moins une comédie intime pourtant relativement courte (1h30).

C.LB



 
 
 
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