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She will (sur Ciné + Frisson)

Sortie  le  05/07/2024  

De Charlotte Colbert avec Alice Krige, Kota Eberhardt, Olwen Fouéré, Rupert Everett et Malcolm McDowell, Amy Manson et Jonathan Aris


Veronica part en convalescence dans la campagne écossaise avec sa jeune infirmière, Desi, après avoir subie une double mastectomie.
Les deux femmes développent un lien particulier, alors que des forces mystérieuses amènent Veronica à s'interroger sur ses traumatismes passés et comment les venger.


Comment arriver à se renouveler dans le style film effrayant voire d’horreur sans (re)tomber dans les éternels clichés du genre « coucou fais-moi peur » en sursaut, ustensiles tranchants ou bien alors hémoglobine à profusion ? La réponse peut venir de cette nouvelle réalisatrice, Charlotte Colbert, qui, pour son premier long métrage, nous propose une alternative. Pas de véritable frayeur ni de réellement épouvantable et encore moins de particulièrement atroce, mais plutôt de l’angoisse et des sensations de mal(aise) à l’aise, à travers plusieurs scènes de paysages et autres plans cadrés certes avec style et contemplation mais assez hallucinés tout de même (très organiques), une BO envoûtante pour ne pas dire entêtante (celle de Clint Mansell), et un casting forcément de rigueur, en totale corrélation avec l’intrigue.
Il est question de vengeance funeste – plat qui ici se mange plutôt froid ! – comme de sanction macabre – les hommes en prennent pour leur grade ! -, emmenées par 2 femmes d’âge différent aux prises avec soit son nouveau pouvoir pour l’une, soit grâce aux éléments naturels qui, à l’insu de l’autre, se manifestent sans crier gare. Si l’actrice sud-africaine Alice Krige (vue dans Les chariots de feu ; Barfly ; Star Trek – premier contact ; Silent hill ; Thor – le monde des ténèbres ; et dernièrement dans Massacre à la tronçonneuse version 2022), qui interprète une vieille star oubliée, liftée et « possédée » comme par magie onirique, a le visage « poignant » en totale adéquation avec l’histoire, aux vues de sa filmographie citée précédemment, l’américaine Kota Eberhardt (aperçue dans X-Men : Dark Phoenix), en infirmière - une aide soignante « uniquement là pour les pansements et le bain » -, semble être à l’opposé de la première, d’une jeunesse flamboyante et au regard doux comme apaisant.
La présence brève de Rupert Everett en dandy exalté sur le retour, pensionnaire lui aussi dans ce lieu de retraite perdu au beau milieu de landes écossaises, et de Malcolm McDowell en personnage cynique limite « diabolique » rien qu’en le voyant (on ne se refait pas !), ne réussit qu’à faire ressortir les traumatismes et la tension dramatique qui s’installent petit à petit dans ce thriller à la fois psychologique et visuel, sur fond de rêves aussi mystérieux qu’étranges, de rumeurs de vieilles légendes (d’où certaines scènes avec des sorcières) et d’effets spéciaux sporadiques. Et la participation de Dario Argento, cette fois en tant que producteur, n’est pas un hasard, juste une confirmation qu’une cinéaste efficace est en devenir…

C.LB



 
 
 
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