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Le dernier voyage de Demeter (sur Canal + Cinémas)

Sortie  le  12/05/2024  

De André Ovredal avec Corey Hawkins, Aisling Franciosi, Liam Cunningham, David Dastmalchan, Viggo Mortensen et Javier Botet


Le récit terrifiant de la traversée du Demeter, un navire commercial à bord duquel est très discrètement embarquée, à destination de Londres depuis les Carpathes, une cargaison de caisses en bois non identifiée. À bord du navire maudit, d’étranges évènements ne tardent pas à frapper l’équipage qui va devoir tenter, durant cette funeste traversée, d’échapper à une étrange présence qui nuit après nuit va les traquer sans pitié. L’épave, véritable bateau fantôme qui finit par accoster sur les côtes anglaises n’est plus que l’ombre du Demeter, à bord duquel il n’y a plus âme qui vive.

On pourrait croire à juste « titre » (celui de ce film), mais en réalité à tort, être en présence d’une histoire autour d’une divinité, en l’occurrence Demeter, déesse grecque qui veillait sur la fertilité des sols et des récoltes et qu’on vénérait pour ses précieux pouvoirs sur la nature. Or, il n’en est rien si ce n’est uniquement le nom donné au bateau sur lequel nous naviguons presque 2 heures durant (une sorte d’adaptation du début du Dracula de John Badham, déjà initié en son temps par les studios Universal). Et à la place d’un quelconque Dieu ou esprit, il est plutôt question d’une créature affamée qui fait plus la pluie que le beau temps sur le pont comme dans les cales de ce rafiot de « malheur ».
Dans ce huis clos marin, le Mal est à bord et son aspect nous fait plus penser au Gollum du Seigneur des anneaux qu’au vampire immortel transylvanien tel qu’on a pu le voir maintes fois au cinéma. Ce démon « ailée » sème la terreur parmi l’équipage particulièrement malchanceux (« on a la guigne ! »), celui-ci ayant l’allure plutôt formatée voire assez clichée, limite stéréotypée dans sa représentation, il faut bien le dire, on ne peut plus convenue. C’est plus une version revue et corrigée du célèbre roman d’Agatha Christie, « Les 10 petits nègres » - d’autant qu’il y en a un parmi le personnel de matelots –, à laquelle nous assistons ici, où ça transfuse à tour de bras (on se foutait à l’époque de savoir si on était compatible ou pas !), où ça se rationne en ne mordant qu’une seule proie à la fois et par nuitée (bref, l’une après l’autre, histoire de faire durer le plaisir !), et où ça casse les portes à coup de tête (avec un gros clin d’œil à Shining).
Au final, les acteurs ont plus peur et sont plus flippés que nous devant les dégustations de ce monstre maléfique qui sentent le réchauffé scénique et le prévisible narratif à plein nez. Dommage car la réalisation est très soignée (celle du norvégien André Ovredal à qui l’on doit notamment The Jane Doe identity, Scary stories, et Mortal) et la reconstitution convaincante (avec une photo bien sombre, bien noire, bien gothique, le tout sur fond de belles et nobles valeurs morales). Et puis la fameuse légende du comte Dracula en format chauve-souris humaine, ça en jette un peu plus que l’éternelle cape rouge et les dents longues, vous ne trouvez pas ? Quoi qu’il en soit, on ne fera jamais aussi bien qu’un Francis Ford Coppola avec Gary Oldman dans le rôle-titre !

C.LB



 
 
 
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