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In the air (sur Canal + Grand Ecran)

Sortie  le  15/11/2022  

De Jason Reitman avec George Clooney, Vera Farminga, Anna Kendrick et Jason Bateman (sur Canal + Grand Ecran les 15, 16, 19, 21 et 22/11)


In the air est le nouveau long métrage de Jason Reitman, nommé à l’Oscar de la réalisation pour Juno. On y suit l’odyssée de Ryan Bingham, un spécialiste du licenciement à qui les entreprises font appel pour ne pas avoir à se salir les mains. Dans sa vie privée, celui-ci fuit tout engagement (mariage, propriété, famille) jusqu’à ce que sa rencontre avec 2 femmes ne le ramène sur terre.
Ryan Bingham est un collectionneur compulsif de miles aériens cumulés lors de ses incessants voyages d’affaire. Misanthrope, il adore cette vie faite d’aéroports, de chambres d’hôtel et de voitures de location. Lui dont les besoins tiennent à l’intérieur d’une seule valise est même à 2 doigts d’atteindre un des objectifs de sa vie : les 10 millions de miles.
Alors qu’il tombe amoureux d’une femme rencontrée lors de ses nombreux voyages, il apprend par la voix de son patron que ses méthodes de travail vont devoir évoluer. Inspiré par une nouvelle jeune collaboratrice très ambitieuse, celui-ci décide que les licenciements vont pouvoir se faire de manière encore plus rentable, via vidéo conférence. Ce qui risque évidemment de limiter ces voyages que Bingham affectionne tant. Confronté soudain à cette idée à la fois terrifiante et exaltante pour lui d’être cloué au sol, il commence à imaginer ce que pourrait signifier concrètement avoir un chez soi.


Ce n’est vraiment pas drôle de se faire virer, loin de là, encore moins quand c’est une autre personne que votre propre employeur qui vous l’annonce tout de go (« on traque leur point faible et on les lâche ! ») ! Mais si celui, qui est en face de vous, a les traits charmants, pardon, la belle gueule de George Clooney et son beau timbre de voix, ça peut paraître plus agréable, voire passer beaucoup mieux et, pourquoi pas, changer un peu la donne. Quand il vous expose à sa manière et avec une formule adéquate que vous êtes licencié, il se dégage chez lui presque un sentiment de réelle émotion, pour ne pas dire quasiment une impression de profonde compassion, autant dans sa voix grave que dans sa façon d’être.
Alors, pensez donc, quand il apprend que sa fonction et son style de vie vont changer, que ce contact véritablement humain avec l’autre (celui qui va être congédié donc) va disparaître au profit d’une simple machine, une communication par ordinateur interposé avec une webcam pour visualiser la dite personne, il va tout tenter pour défendre son savoir-faire oral et ses méthodes d’approches imparables, sans oublier ses petits conforts matérialistes et autres plaisirs individualistes, devant une jeune mais brillante « gamine », prête à tout pour réussir vite et bien. En réalité, il va la coacher, la mettant à l’épreuve en lui prouvant que rien ne remplace un entretien direct face à une personne concernée lorsqu’il s’agit d’une telle déclaration. Bref, l’affrontement psychologique entre la vieille école de l’expérience qui a fait ses preuves et la jeunesse férue de technologie mais inexpérimentée sur le terrain !
Elle, c’est Anna Kendrick, aperçue dans Twilight, qui est parfaite ici dans le rôle de la fonceuse un peu naïve, mal dans sa peau et légèrement déprimée, plutôt coincée et difficile à dérider, formatée pour n’avoir aucun remord devant l’autre et qui, contrôlant tout ce qu’elle fait comme analysant tout ce qu’elle dit, s’est déjà programmée dans sa tête une vie toute tracée et stéréotypée à outrance, sans fun ni surprise. En un mot, une vraie révélation ! Avec sa bonhomie légendaire, George Clooney va tenter de l’aider en la déstabilisant un peu, sans aucun dédain ni la moindre brusquerie, avec seulement une approche particulièrement diplomate et détendue, proche de la cool/attitude. What else ? Pourtant, elle comme d’ailleurs sa maîtresse – et son équivalent féminin - (l’excellente Vera Farminga, vue dans Les infiltrés, Par effraction et Un crime dans la tête) vont l’aider à voir la vie autrement qu’entre 2 conférences, hôtels, vols ou correspondances (« le connaître, c’est voyager ! »), un peu plus loin qu’à travers seulement le hublot de ces nombreux avions pris à longueur de temps. C’est d’ailleurs l’occasion d’admirer au passage un certain nombre d’aéroports américains, de l’intérieur – les halls et les terminaux - comme de l’extérieur - à plusieurs centaines de mètres d’altitude !
Si la mise en scène est plutôt bien rythmée au début, avec entre autre une scène truculente autour d’une comparaison fort jubilatoire des nombreux avantages possibles (des cartes de fidélité qui récompensent leurs détenteurs) entre 2 voyageurs fort assidus, la suite manque un peu de souffle, comme si le réalisateur Jason Reitman (Thank you for smoking ; Juno ; Jennifer’s body) – et fils d’Ivan (SOS fantômes) - avait hésité entre continuer soit l’étude d’une réalité sociale plutôt critique et bien vue (le fameux problème de communication entre les gens où il existe de moins en moins de relations réelles), soit la bluette qui vire souvent au sentimentalisme exacerbée, notamment lorsque George tombe amoureux et doit affronter ses convictions les plus profondes qui vacillent (il n’est en fait qu’une pause, qu’une échappatoire, qu’une parenthèse dans la vie normale des gens !).
Néanmoins, voilà une comédie sincère, certes réjouissante mais pourtant sérieuse, sur un sujet d’actualité en prise direct avec ce qui se passe en cette période de crise économique dévastatrice, tout à fait « in the air » du temps comme on dit, et qui met bien en avant et comme il se doit la performance de l’éternel sex-symbol U.S. dans toute sa splendeur !

C.LB



 
 
 
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