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Le prénom (sur Ciné + Emotion)

Sortie  le  15/05/2022  

De Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling, Judith Elzein, Guillaume de Tonquédec et Françoise Fabian


Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Elisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance. En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale…
Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.


Qui n’a pas vu ou entendu parler du spectacle Le prénom, grand succès théâtral de la saison 2010/2011, joué au théâtre Edouard VII et mis en scène par Bernard Murat ? Vue la réussite exemplaire, autant critique que public d’ailleurs, de cette comédie, il était évident qu’elle serait un jour ou l’autre portée à l’écran !
C’est chose faite par les 2 mêmes auteurs et pratiquement tous les mêmes comédiens de l’oeuvre originale, pardon, également acteurs, à l’exception de Jean-Michel Dupuis remplacé haut la main par Charles Berling dans la version cinéma. Un casting de choix pour une simple réunion de famille qui vire doucement mais sûrement aux règlements de compte dans les règles de l’art (et pas uniquement du 7ème !).
D’une simple plaisanterie (acte délibéré ou profession de foi, allez savoir ?) va découler tout un tas de révélations difficiles à croire comme de jalousies à accepter, voire même de frustrations à digérer pour la plupart, et de rancœurs plus ou moins lourdes de conséquences, autant verbales que morales. Pensez donc, apprendre le choix d’un prénom qui ne convient (comme d’habitude) jamais (et presque toujours) à tout le monde, dénoncer les petits défauts, travers et autres tics de chacun, découvrir la vie amoureuse inattendue de l’un d’entre eux, bref, des secrets bien cachés enfin dévoilés au grand jour ! Pas un n’y échappe, et encore moins Patrick Bruel qui lui aussi en prend pour son grade (en référence au fait d’être obsédé par son image) autant que le reste des convives.
Ce film plein d’entrain fonctionne à 100%, au moins autant que la pièce où l’on retrouve tous les échanges nuancés, même si toute l’action se passe dans une seule pièce, le salon d’un appartement parisien. La distribution fort talentueuse, qui a eu le temps de bien roder son texte et ses effets (depuis septembre jusqu’à mars de l’année suivante, tout de même !), s’en donne ici à cœur joie, avec le même engouement communicatif, les mêmes mesquineries divulguées, le même raisonnement sensé, la même crédibilité dans les situations rencontrées, souvent caustiques et déchirantes, et surtout le même plaisir de nous faire apprécier cette histoire somme toute très réaliste à plus d’un titre.
En effet, impossible de ne pas reconnaître ici et là quelqu’un de proche ou de son entourage dans la peinture faite de ces quelques personnages très humains ? On en rit d’ailleurs beaucoup, en se demandant même si nous n’avons pas déjà vécu ce type de provocation de façon spirituelle ou inconsciente de la part d’amis ! Quoi qu’il en soit, voilà un sujet d’actualité pour le moins éternel et sur lequel on ne peut pas faire abstraction, tant que l’on fera encore des enfants et qu’il faudra leur trouver un prénom adéquat (à défaut d’un surnom), ou du moins qui leur sied à ravir….

C.LB



 
 
 
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