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96 heures (sur Ciné + Frisson)

Sortie  le  19/09/2021  

De Frédéric Schoendoerffer avec Nils Arestrup, Gérard Lanvin, Sylvie Testud, Anne Consigny, Laura Smet, Simane Dazi et Cyril Lecomte (sur Ciné + Frisson les 19, 20, 22, 23 et 29/09)


Carré est le patron de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme). 3 ans plus tôt, il a fait tomber un grand truand, Kancel. Aujourd’hui, à la faveur d’une extraction, Kancel kidnappe le flic. Il a 96 heures pour lui soutirer une seule information : savoir qui l’a balancé.

Dans ce polar assez noir, on attendait avec impatience un duel au sommet, un face-à-face ou du moins une belle confrontation bien musclée entre les 2 protagonistes principaux interprétés par Gérard Lanvin et Niels Arestrup, 2 grandes têtes d’affiche pour la première fois réunis ensemble à l’écran, des acteurs dit « bankable » surtout dans ce type de film, mais malheureusement, le grand rendez-vous n’aura pas lieu ou plutôt pas comme on était en droit de l’espérer. Non pas de la part de Gérard Lanvin qui est un habitué des rôles de flic ou de commissaire (A bout portant ; San Antonio ; Le choix des armes) - comme de voyous d’ailleurs -, ni de celle de Niels Arestrup qui a déjà endossé l’habit du truand ou alors du « mauvais garçon » (Le prophète ; De battre mon cœur s’est arrêté ; La dérobade), bien que ce dernier ici supplante haut la main le premier dans un festival de cynisme et de méchanceté avec l’allure d’un « grand seigneur ».
Ce n’est pas la faute non plus au scénario qui nous tient néanmoins en haleine dans un huis-clos sous forme d’affrontements verbaux on ne peut plus directs, de garde à vue à l’envers relativement tendue et d’une course contre la montre finalement prenante – il n’a seulement que 4 jours pour essayer de se déculpabiliser aux yeux de ses ravisseurs à la recherche d’un nom, celui d’une « balance » ou si vous préférez d’une « salope d’indic » -, le tout à travers peu de dialogues, des rapports de force soutenus, des regards qui en disent longs, une ambiance particulièrement pesante (rien que le lieu, une immense maison de 1000 m2 perdue dans la nature, donne déjà un peu le La) ainsi qu’une BO spécialement lourde. Bref, pas de surprise, le schéma classique où les codes du genre sont respectés à la lettre, le réalisateur Frédéric Schoendoerffer n’étant pas un débutant en la matière - ni en la manière – (souvenez-vous de Scènes de crime, Agents secrets, Truands, ainsi que 4 épisodes de la série télévisée Braquo dans la saison 1).
Alors, où le bas blesse-t’il donc ? Dans tout le reste, que ce soit le final peu crédible, voire comique pour ne pas dire ridicule, ou bien que ce soit les seconds rôles, entre la capitaine de police jouée par Sylvie Testud ultra-lucide qui vient de passer son examen pour devenir commissaire, les 3 hommes de main du braqueur - des analphabètes avec leur tête de « Prix Nobel » -, la fille (mal) décolorée de ce dernier interprétée par une Laura Smet toujours pas complètement remise de ses dernières « émotions », et l’avocat pénaliste incapable de déceler une faille dans son dossier. Voilà l’exemple type du scénario qui, monté et dirigé par un Olivier Marchal ou une production américaine, aurait mieux réussi son coup, bref, aurait eu sans aucun doute une toute autre allure autant visuelle que narrative. Au lieu de cela, on sourit doucement devant le rictus crispé de Lanvin, les questions et les sautes d’humeur patentées d’Arestrup, les fausses brutalités des 3 gueules patibulaires, et les papotages décontractés des 2 seules nanas du film. De quoi vous déconcentrer et vous recristalliser complètement une atmosphère qui se devait d’être à la fois tenue et captivante....

C.LB



 
 
 
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