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Un + une (sur Canal + Cinéma)

Sortie  le  28/04/2022  

De Claude Lelouch avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christophe Lambert, Alice Pol, Rahul Vohra, Shriya Pilgaonkar et Venantino Venantini (sur Canal + Cinéma les 28 et 29/04 + 01/05)


Antoine ressemble aux héros des films dont il compose la musique. Il a du charme, du succès, et traverse la vie avec autant d’humour que de légèreté. Lorsqu’il part en Inde travailler sur une version très originale de Roméo et Juliette, il rencontre Anna, une femme qui ne lui ressemble en rien, mais qui l’attire plus que tout. Ensemble, ils vont vivre une incroyable aventure…

Renouant avec ses thèmes scénaristiques de prédilection, Claude Lelouch ne nous aurait-il pas sorti un petit remake « anniversaire » de derrière les fagots, genre une nouvelle version presque « moderne » pour les 50 ans d’Un (homme) et, pardon, + Une (femme), tant le titre, si proche de celui datant déjà de 1966, et l’histoire, certes bel et bien universelle mais néanmoins encore amoureuse, y ressemblent beaucoup ? En tout cas, ça respire la même ambiance romantique à plein nez, le même type de dialogues plus que moins voire très improvisés, les mêmes regards langoureux qui en disent longs sur les sentiments exacerbés de chacun des protagonistes, et le même style musical romantique à souhait, à la fois violoneux, pianistique et symphonique, qui vous envoûte dès les premières notes (merci Francis Lai) !
Malgré tout cela, l’effet de surprise n’est pas vraiment ou, du moins, plus du tout au rendez-vous, d’autant que les acteurs, jouant presque tous en roue livre, assez prévisibles et donc peu bouleversants à l’écran, comme la trame narrative mince, voire restreinte, superficielle et cousue de fil blanc, dénouement inclus, ainsi que les situations rencontrées pour le moins « magiques » et donc invraisemblables, parfois aberrantes, parfois absurdes, pleines de discours futiles et pas « spirituels » pour 2 sous, ne nous permettent pas d’être accrocher complètement devant cette rencontre inopinée qui se déroule au bout du monde. Si le réalisateur a voulu quelque peu nous dépayser en tournant la quasi totalité de son film en Inde, c’est assez réussi, bien que les motifs des têtes à têtes entre les 2 intervenants principaux dans ce beau pays semblent plus floues et arbitraires qu’ils n’y paraissent aux premiers abords.
En revanche, s’il a voulu nous impressionner avec un tel casting, c’est plutôt raté ! En effet, Jean Dujardin – qui interprète ici un « génie musical » particulièrement pragmatique, « collectionneur » honnête et passionné aussi prétentieux qu’arrogant « à baffer » - nous sort sa palette habituelle du gars décontracté, drôle, séduisant, « libre dans sa tête » (et ailleurs du reste !), en un mot, charismatique en toute circonstance, sans aucune réelle émotion à la clé quand les rares moments se présentent. De son côté, Elsa Zylberstein – la femme collante et pompeuse de l’ambassadeur (sans les Ferrero roche d’or en prime !) – est à l’inverse de lui, en quête de mysticisme et à la recherche de « purification » initiatique, donnant véritablement l’impression d’être complètement « allumée », pas loin d’être à côté de la plaque, trop émotive, trop hyper-sensible, bref, trop à fleur de peau pour rivaliser avec son partenaire qui a le beau rôle, cabotin toujours goguenard, s’amusant d’un rien et se moquant des autres (« c’est de bonne guerre ! »), passant le plus clair de son temps « à se marrer et à faire le con ».
Reste donc une Alice Pol quasi inexistante, sans grandes aptitudes ni convictions à faire vivre et vibrer son personnage, sans oublier un Christophe Lambert plutôt bon (pour une fois !), malheureusement dans une seule scène à 4, en diplomate à la fois perspicace et roublard sans trop y croire. Néanmoins, ce n’est pas assez suffisant pour que cette comédie romanesque en forme de road-movie attendue bien qu’improbable, bavarde au lieu d’être intrigante et d’avoir des rebondissements, pas loin du « vaudevillesque » malgré le peu de codes et autres clichés proposés, garde un semblant de pertinence et offre un regain d’intérêt. Dommage, l’affiche était plutôt alléchante et bien colorée....

C.LB



 
 
 
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