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The Danish girl (sur Canal + Cinéma)

Sortie  le  24/04/2021  

De Tom Hooper avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw, Amber Heard, Sebastian Koch, Matthias Schoenaerts et Tusse Silberg


Inspiré de faits réels, Danish Girl retrace la remarquable histoire d'amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l'artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.

Il y a (as)sûrement de l’Oscar – ou un tout autre prix aussi prestigieux soit-il dont déjà un Lion d’Or à la Mostra de Venise en 2015 ! – dans l’air, à voir les performances qu’affichent ce drame taillé pour les récompenses, à la fois côté scénaristique (un biopic de Tom Hooper - le fameux metteur en scène du Discours d’un roi et des Misérables - autour du véritable parcours d’un homme pour changer de sexe et devenir une femme grâce à une opération chirurgicale au tout début du 20ème siècle), côté esthétique (une reconstitution et une photo d’une beauté à couper le souffle), ainsi que côté casting (des acteurs incroyablement performants, tous au diapason). Concernant le rôle d’Einar qui devient Lili, les distinctions pourraient ne pas trop se faire attendre, tant l’interprétation ici d’Eddie Redmayne (vu entre autres dans Les misérables, My week with Marilyn, 2 sœurs pour un roi, Savage Grace, Elizabeth : l’âge d’or, et Raisons d’état) pourrait bel et bien lui permettre de remporter encore une fois une statuette dorée juste après la toute première gagnée l’année dernière pour sa formidable prestation dans Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh, sorti en 2014.
Il faut remarquer que l’acteur possède déjà de jolis traits d’une grande finesse, si délicats, si sensibles, bref, si féminins – un peu à la Michael York d’ailleurs ou à la David Bowie version androgyne période Ziggy Stardust ! -, qu’il n’est pas très difficile de se rendre compte ni de déceler de sa part, dans ses impressions furtives, dans ses regards gênés quelque peu soulignés ou même dans son gestuel maniéré un tant soit peu appuyé à travers les différentes attitudes et autres postures qu’il emprunte, l’intention attendue d’une pareille démarche, d’autant plus qu’il en joue pour le moins copieusement dans ce film à force de prendre conscience – tout en prenant les poses adéquates - à la fois de son corps, de son esprit perturbé et de ses nouvelles émotions devant sa masculinité d’un seul coup bousculée. Son émoi, son agitation, son désordre et son bouleversement (féminin) intérieur sont tels qu’il faudrait être vraiment aveugle pour ne pas comprendre rapidement ce qui va se passer et changer définitivement lorsque Lili prendra petit à petit possession de tout son être !
Quoi qu’il en soit, le travail fait par Eddie Redmayne autour de son personnage ayant réellement existé est remarquable, particulièrement impressionnant à voir dans ce « drôle de jeu » classiquement affirmé, dans ce rôle de composition plutôt de haute volée, certes prévisible, voire un peu risqué à certains moments, notamment dans les troubles profonds de son comportement, mais d’une telle singularité et d’une telle acquisition dans le travestissement, depuis son costume étriqué avec son col corseté jusqu’aux différentes robes portés, qu’on ne peut qu’acquiescer devant ce degré et aussi cette prouesse d’implication pour un si jeune acteur à la gamme de répertoire à peine étoffée. Il ne faudrait pas non plus oublier la radieuse Alicia Vikander (présente notamment dans Royal affair, Ex machina, Le 7ème fils, et Anna Karénine) qui, encourageant son mari dans son « délire » jusqu’à se construire une nouvelle vie alors que ce dernier remet en cause son propre couple – et bien au-delà ! -, interprète quasiment le même rôle de femme dévouée, aussi prévenante que conciliante, auprès de son époux que celui de l’actrice Felicity Jones dans Une merveilleuse histoire du temps face au même comédien. Comme quoi, il y a des signes distinctifs qui ne trompent pas….

C.LB



 
 
 
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