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Radin ! (sur Canal + Grand Ecran)

Sortie  le  07/12/2022  

De Fred Cavayé avec Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt, Patrick Ridremont, Christophe Favre, Karina Marimon et Christophe Canard


François Gautier est radin ! Economiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher…

La locution-phrase « Plus c’est gros et plus ça passe » aurait tout à fait sa place ici, tant l’acteur principal – et quasiment unique à l’image d’ailleurs ! – Dany Boon se délecte dans le côté excessif de sa situation plutôt embarrassante à l’écran, celle d’un radin éhonté qu’il avait déjà endossé dans l’un de ses longs métrages, La maison du bonheur, sorti en 2006 ! Ce n’est pas tant qu’il en fasse un max, jusqu’à forcer le trait dans les réactions les plus énormes qui puissent exister dans un tel état de mesquinerie avancée, mais c’est surtout dans le simple fait qu’il soit tout seul à les faire sans pour ainsi dire personne en face de lui capable de lui renvoyer la balle, notamment lui dire stop et essayer le soigner ou, du moins, de l’aider à changer.
Et ce ne sont sûrement pas la « gentille » violoncelliste hypersensible et un peu nunuche sur les bords (interprétée par Laurence Arné, aperçue dans Bowling, A coup sûr et Nos futurs, parfaitement à sa place), ni sa fille dégourdie comme tombée du ciel (jouée par Noémie Schmidt, vue dans L’étudiante et Monsieur Henri) et encore moins les collègues de boulot ou les voisins de lotissement qui l’empêcheront de continuer cette sale manie, en l’occurrence trouver tous les subterfuges possibles pour éviter de « donner ». Si les mots dépenser, offrir, demander, gaspiller, rémunérer, prêter, verser, bref, être obligé de payer quoi que ce soit, sont à bannir de son vocabulaire, c’est au détriment d’exemples redondants bien soulignés, de dialogues attendus voire parfois prévisibles, de rebondissements déjà-vu ou entendus, de clins d’œil appuyés (entre autres celui autour de Shining) et de remarques lourdingues en pareil cas (c’est souvent tellement outré que ça en devient même pas risible !).
C’est vous dire le semblant d’humour qui se dégage de cette production certes survoltée par moment mais pas complètement aboutie scénariquement et difficilement capable de déclencher plus d’un sourire si ce n’est la scène au restaurant et l’exécution des 4 saisons de Vivaldi en version accélérée ! Le reste semble débouler à l’avenant, entre une histoire d’amour cousue de fil blanc, un banquier qui sert aussi de psy, une « guest star » en la personne de Sébastien Chabal ( ?), et une greffe de rein, histoire de tirer sur le larmoyant mais sans larmes à verser au final (c’était encore trop cher !). On se demande juste ce qui a poussé le réalisateur Fred Cavayé (Pour elle ; A bout portant ; Mea culpa) à venir se frotter pour la 1ère fois à une comédie ludique - celle-ci disons très légère du type à passer le dimanche soir à la télé -, lui qui est plutôt habitué en général aux thrillers musclés et de bonne manufacture ?
Sans doute l’attrait d’un sujet « porteur » en ces temps de restrictions budgétaires qui nous poussent à modérer nos dépenses et donc à « faire des économies », ou bien alors le désir de faire tourner Dany Boon, synonyme d’amuseur public français n°1 et surtout d’acteur « bankable » plutôt « pas donné », voire pas « cheap » du tout financièrement parlant dans un film où il est au générique ! N’empêche que Louis de Funès dans La folie des grandeurs et dernièrement Fabrice Lucchini dans Le coût de la vie de Philippe Le Guay étaient autrement plus drôles et crédibles en gars « près de leurs sous ».....

C.LB



 
 
 
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