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Tu ne tueras point (sur Ciné + Frisson)

Sortie  le  08/05/2022  

De Mel Gibson avec Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer, Sam Worthington, Luke Bracey, Hugo Weaving et Rachel Griffiths (sur Ciné + Frisson les 08, 20, 22 et 27/05)


Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer.
Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.


C’est la grande mode actuellement d’adapter et de reconstituer au cinéma U.S. l’histoire vraie d’une personne – ou même de plusieurs - au destin véritablement incroyable ou bien encore qui a réellement vécu des aventures plutôt extraordinaires ! En ce qui concerne les actes de bravoure ou alors héroïques comme les leçons de courage et des hauts faits de vaillance qui se sont produits sur le champ de bataille durant la 2ème guerre mondiale, et plus précisément ceux qui se sont déroulés dans l’océan Pacifique, il y a déjà eu pas mal de films portés à l’écran, entre autres La ligne rouge en 1998, Pearl Harbor en 2001, Windtalkers : les messagers du vent en 2002, Lettres d’Iwo Jima et Mémoires de nos pères en 2006, sans oublier la série télévisée Band of brothers : l’enfer du Pacifique en 2010 et dernièrement Invincible en 2014. Il faudra dorénavant rajouter celle-ci, réalisée par Mel Gibson dans les règles de l’art et surtout avec un réalisme stupéfiant, flagrant, violent, parfois limite flippant.
En effet, dès l’entrée en matière à travers les toutes premières images, on est tout de suite mis au parfum « brûlant » et rapidement plongé dans un bain de « sang » ou, si vous préférez, dans le vif « souffrant » du sujet, heureusement vite estompées par le parcours à l’ambiance d’abord plutôt bucolique et mielleuse d’un jeune garçon devenu certes soldat pour servir dignement son pays mais néanmoins un objecteur de conscience obstiné (il a fait le serment de ne jamais tuer ni toucher à une arme) et accusé de lâcheté par ses camarades de régiment, avant de redevenir ensuite plus « terre à terre » et plus frontal style « face à face » lors de son baptême du feu – dans tous les sens du terme d’ailleurs ! – particulièrement musclé lors l’une des batailles les plus acharnées du conflit, sur l’île d’Okinawa.
Si la 1ère partie a tendance à nous faire passer tout ce qui se fait déjà habituellement dans le genre sirupeux (les roucoulades intimes d’un bouseux, interprété par Andrew Garfield - Boy A ; The social netwok ; Never let me go ; The amazing Spider-Man – qui a un petit air d’Anthony Perkins jeune, avec une infirmière, jouée par Teresa Palmer – L’apprenti sorcier ; Une soirée d’enfer ; Triple 9 ; Point break ; Dans le noir – qui accroche vraiment le regard) ou injustice (on n’échappe pas aux moments de désespoir, ni aux passages à tabac et encore moins à l’éternel procès), la seconde partie elle ne manque vraiment pas de crudité et surtout pas d’horreur du type la guerre comme si on y était, l’agonie et la mort comme si on les côtoyait juste à côté de nous. Quoi qu’il en soit, dans les 2 cas, les émotions glorieuses et les sentiments universels (il aurait sauvé à lui tout seul environs 75 vies et pour cela, il a reçu la Médaille d’honneur) sont respectés, sans oublier les belles valeurs morales qui arrivent presque toutes au pas de charge, entre abnégation, dévouement et ténacité.
Alors, après tout ça, on se demande bien ce qui a poussé le réalisateur Mel Gibson (10 ans après l’impressionnant Apocalypto) a accepté finalement, après mures réflexions, de tourner ce scénario qui lui fut proposé la 1ère fois il y a de cela 14 ans. Sans doute le besoin de se racheter une bonne « conduite » après quelques dérapages d’ordre disons privé aux yeux d’un certain public bien pensant, voire la nécessité de se payer une belle image auprès de la communauté chrétienne, lui un fidèle ou du moins un adepte religieux au plus haut point. Dieu lui aurait-il donc donné la foi, au même titre qu’à son orgueilleux héros sur l’écran, ses convictions bien chevillées autant au corps qu’à l’esprit, pour qu’il puisse lui aussi survivre au chaos qu’il a plus ou moins semé sur sa route (bien dégagée dans le film lorsqu’il doit traîner ses copains blessés sous les tirs nourris !), les mains propres ou plutôt « sauves » (et pourtant en sang quelques minutes auparavant dans le film comme si elles avaient comme par miracle « ressuscitées » d’un odieux calvaire grâce à quelques prières !) ? On se le demande mais, au final, on compatit et on s’agenouille pour l’un comme pour l’autre.....

C.LB



 
 
 
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