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Trainspotting 2

Sortie  le  01/03/2017  

De Danny Boyle avec Ewan McGregor, Jonny Lee Miller, Ewen Bremner, Robert Carlyle, Anjela Nedyalkova, Kelly Macdonald, Shirley Henderson et Irvine Welsh


La suite des aventures de Trainspotting, 20 ans après. Les protagonistes ont maintenant 40 ans.

Alors, justement, qu’est devenu cette bande de copains junkies, losers, menteurs, psychopathes et voleurs ? Eh bien, ils n’ont pas beaucoup évolué ou, du moins, ils ne se sont pas vraiment amélioré durant toutes ces années : ils sont restés à peu près les mêmes et plutôt constants dans leurs activités diverses et variées, avec notamment l’un en taule, pardon, en prison, l’autre devenu maître-chanteur à la petite semaine, et le 3ème toujours aussi accro mais cette fois avec de grosses tendances suicidaires. Quant au 4ème parti à l’étranger pour se séparer de ses amis particulièrement « encombrants », il revient au bercail pour les retrouver et voir si tout ce « beau monde » ne l’a pas trop oublié pendant tout ce temps ! Quoi qu’il en soit, ce dernier va quelque peu regretter d’être revenu, d’autant que les ennuis recommencent de plus belle, avec pratiquement les mêmes conneries à la clé que 2 décennies auparavant, sur fond de règlements de compte entre eux qui vont pleuvoir comme « vache (écossaise) qui pisse ». Bref, préparez-vous à un « bordel » sans nom, au sens propre comme au sens figuré !
Et puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne ou, plutôt, qui « perd » (au sens scénaristique du terme, bien sûr !), on reprend les mêmes à 2 exceptions près (Kevin McKidd et Peter Mullan en moins) : Ewan McGregor à peine vieilli, exactement comme son comparse Jonny Lee Miller, Ewen Bremner assez marqué physiquement mais toujours aussi barré psychologiquement, Robert Carlyle le seul dont l’apparence se soit un peu modifiée, plus grossier que jamais (quel accent à couper au couteau !), la rancune tenace et la vengeance bien chevillée au corps, ainsi que Kelly Macdonald bien « rangée des voitures », Shirley Henderson restée soumise et l’auteur Irvine Welsh un peu moins présent à l’écran cette fois, sans oublier une toute nouvelle recrue irradiante en la personne d’Anjela Nedyalkova (vue dans Avé sorti en 2012). En parlant de l’image, il faut reconnaître que Danny Boyle n’a rien perdu de sa façon « trash » de filmer depuis 1996, d’une manière toujours aussi énergique, psychédélique, épileptique, unique, éclatée quoi tel que précédemment avec des effets sous « acide », pas loin de l’esprit d’un long clip azimuté, reprenant ici et là quelques brefs extraits de son 1er chef-d’œuvre pour les placer un peu comme s’il voulait utiliser certains portraits d’archives afin d’étayer son propos, tous adaptés du roman éponyme d’Irvine Welsh sorti en 1993 et dont la suite littéraire s’intitule Porno, à l’ambiance tout aussi rock’n’roll que le 1er livre.
En ce qui concerne l’affiche et la bande originale, on res(pec)te également dans la même lignée côté graphique, et les mêmes repères autant visuels que sonores, la couleur orange sur fond de noir & blanc (voir ci-dessus), comme les chansons bien typées années 80/90, très tendance brit-pop mais néanmoins modernisées pour certaines, le tout porté par le classique du groupe électro Underworld, Born slippy rebaptisé ici Slow slippy pour l’occasion, en tant que fil conducteur phonique revenant régulièrement en boucle. Ce qui ne vous empêchera nullement d’entendre du Iggy Pop (le célèbre morceau Lust for life, déjà présent dans le 1er et cette fois remixé par The Prodigy), du Frankie Goes To Hollywood, du Blondie, du Queen, du The Clash et même du Run DMC !
A savoir maintenant si le retour des aventures tragi-comiques de ce petit groupe d’olibrius autour de leurs péripéties de dégénérés patentés alors qu’ils ne sont plus tout jeunes, suffira à renouer avec le film culte et, donc, le succès d’antan, c’est à espérer, d’autant que presque rien ne manque à la réussite de ce projet « légitime », si ce n’est peut-être un certain relâchement au niveau du rythme qui s’essouffle parfois dès la 1ère partie du film passée, et une représentation qui ne colle pas complètement à notre époque, celle quelque peu désuète des conditions de vie plus ou moins sordides de la jeune génération dans une Écosse, souvenez-vous, plus vraiment autant en pleine dépression économique qu’il y a 20 ans, tout de même....

C.LB



 
 
 
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