en 
 
 
cinema

 
 

Baby phone

Sortie  le  08/03/2017  

De Olivier Casas avec Medi Sadoun, Anne Marivin, Pascal Demolon, Lannick Gautry, Michel Jonasz, Marie-Christine Adam et Barbara Schulz


Au détour d’un dîner, les révélations faites à travers le baby-phone d’une chambre d’enfant vont créer un véritable cataclysme au sein d’une famille et d’un groupe d’amis…


Comment ne pas retrouver un peu ici cette ambiance de soirée qui s’envenime et part en vrille dans un délire des plus comiques qui soit, à la manière de règlements de compte entre proches et des 4 vérités déversées à tout va du type Le prénom ou Barbecue, ainsi qu’une certaine vivacité d’esprit dans des réactions en chaine et autres situations dites à rude épreuve, entre bourdes malencontreuses, révélations douteuses, conflits désastreux, réparties cinglantes et quiproquos à la pelle façon Un dîner de con(nerie)s mais cette fois formatée en majorité pour des trentenaires actuels plus ou moins paumés, le tout sur fond d’un lieu précis et unique, d’ailleurs souvent un huis-clos théâtral autour d’une table par exemple, que ce soit lors d’une réunion d’ami(tié)s mouvementée (Le temps d’un été ; Les petits mouchoirs ; Mes meilleurs copains) ou d’un repas familial à problèmes plutôt houleux (Un air de famille ; Cuisine et dépendances ; Le code a changé), pas loin du genre Un petit jeu sans conséquence pour ce qui est de la rupture bien « consommée », ou alors Pièce montée côté mariage qui finit en entente douloureuse !
Si on vous énumère tous ces films, c’est pour mieux vous montrer – et vous prouver – que nous avons à faire enfin à une nouvelle comédie qui devrait sans aucun doute possible ni complexe éventuel « casser la baraque » prochainement sur les écrans, tant elle brosse un portrait certes virulent et sans concession mais si réaliste, très bien vu et tout à fait crédible d’une génération souvent embarrassée, en manque de repères et bercer de (dés)illusions « faute de mieux », qui s’accroche à ces rêves sans pouvoir complètement concilier ce qui compose le réel, c’est-à-dire l’ordinaire, l’autre, la progéniture, le travail, l’intendance et le reste (d’où une belle leçon de morale de la part du personnage interprété par Michel Jonasz qui, en vieux sage malicieux, propose d’ « apprendre à réparer » à grandes doses d’arguments imparables, et une sacrée tirade révélatrice venant d’Anne Marivin en plein burn-out qui tente de remettre quelques pendules à l’heure !).
Ce qui fait la force de cette histoire « sérieusement et drôlement » menée, c’est autant son casting bien rodé et porté par des acteurs et actrices au top (pour la plupart souvent déjà-vu dans des seconds rôles au cinéma), que ses dialogues qui font mouche sans (trop) se presser mais quasiment à tous les coups, et cela à travers plusieurs pathologies et thém(atiqu)es peu reluisants du caractère comme de la personnalité humaine (mensonge, égoïsme, culpabilité, jalousie, rancune, vantardise, naïveté...). En résumé, un 1er long-métrage « harmonieusement » touchant et savoureux à souhait (merci au réalisateur, scénariste et producteur Olivier Casas qui semble avoir également une belle oreille musicale vue, pardon, « entendue » la BO qui l’accompagne !), qui devrait « mettre le feu aux poudres » ou, si vous préférez, trouver son public sans effort et « faire plaisir à tout le monde » facilement dans les plus brefs délais...

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique