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The lost city of Z

Sortie  le  15/03/2017  

De James Gray avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, Sienna Miller, Tom Holland, Edward Ashley, Angus MacFadyen et Ian McDiarmid


L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle.
Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d'Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…


Voilà un nom de film qui (ré)sonne un peu comme celui d’un Indiana Jones pas encore tourné ou bien alors qui nous fait penser à l’un des nombreux épisodes des aventures exotiques du Fantôme (du Bengale, mention spécifique aux adaptations françaises de la série), un personnage de fiction, justicier costumé et masqué dont les récits se déroulaient souvent en pleine jungle « africaine », tiré de comics américains créés en 1936. D’ailleurs, cette bande dessinée a eu également son heure de gloire en étant adaptée sur petit et même grand écran (avec Billy Zane dans le rôle titre). Loin d’être un remake d’un de ces chapitres, il s’agit plutôt ici d’une histoire véridique, celle d’un courageux explorateur anglais en charge de relevés topographiques afin d’« éviter une guerre » en pleine Amérique du Sud, mais aussi en quête de reconnaissance (pour « laver son nom »), de promotion (sa réputation en jeu vaut au succès de son entreprise à la fois périlleuse et hasardeuse)....et de médaille (il sera « réhabilité » s’il réussit), parti pour une grande expédition dans un environnement aussi violent qu’hostile en Bolivie orientale, à la découverte certes d’« hypothétiques » mais néanmoins mythiques cités d’or, vieilles de plus de 2500 ans.
On n’attendait vraiment pas le réalisateur James Gray (Little Odessa ; The yards ; La nuit nous appartient ; Two lovers ; The immigrant) sur ce « terrain »-là, celui d’une grande et longue fresque aventureuse (d’une durée de 2h20 tout de même !) sur au moins une bonne trentaine d’années, autour d’un exploit à la fois épique (opéré en pleine Amazonie, notamment pendant 2 ans sur un fleuve) et « utopique » (à la recherche d’un paradis perdu, de preuves de très anciennes civilisations amérindiennes, face à des scientifiques sceptiques aux certitudes bornées), celui d’un homme prêt à tout pour accomplir de grandes choses en courant après la renommée jusqu’au sacrifice, souvent au détriment de sa propre vie et de celle de sa famille. Pour interpréter un tel personnage aux faits d’armes pleins d’espoir et bien incapable de résister à l’appel - et à l’attrait - de la forêt (l’enfer vert), le cinéaste a choisi Charlie Hunnam (Les fils de l’homme ; Pacific rim ; Crimson Peak), pas encore très connu chez nous mais d’une sobriété et d’une justesse de jeu, posé et serein, arborant même déjà la célèbre coupe de cheveux de Brad Pitt (qui fait cette fois juste office de producteur délégué sur le film) !
Entouré notamment de Robert Pattinson (la saga Twilight) tout barbu, Sienna Miller (American sniper) teinte en rousse pour l’occasion, et Tom Holland (Au cœur de l’océan ; Captain America : civil war) en fils bien attentionné, James Gray arrive à nous captiver pendant tout ce temps grâce à une maîtrise et une beauté parfaites du milieu dans lequel il nous plonge, sans qu’on assiste jamais vraiment à un film dit d’action plus ou moins racoleur sur les bords, vous savez ces fameux films de série B montrant des décors en carton pate et bourrés d’effets spéciaux comme de combats, un moyen de nous en mettre plein la vue au détriment d’un scénario qui tienne véritablement la route (on pense à des nanars tels que Allan Quatermain et les mines du roi Salomon, A.Q. et le temple perdu, ainsi qu’A.Q. et la cité de l’or perdu – en anglais, the lost city of gold : tiens, tiens, quelle coïncidence ! -).
Bref, un drame sensible et ambitieux d’un esthétisme incomparable, une espèce de « vengeance » sociale à échelle humaine, autant personnelle – et éprouvante - que passionnante – et fort heureusement sans cliché ! -, avec de nombreux allers et retours entre 2 continents (« nous savons si peu de ce monde ! »), pas du tout dans l’esprit de La forêt d’émeraude de John Boorman datant de 1985, même s’il est encore question d’ésotérisme mystique et de visions fantasmées, et qu’il y a aussi ici des sauvages à plumes tout peinturlurés qui kidnappent des blancs européens...

C.LB



 
 
 
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