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Vienne avant la nuit

Sortie  le  04/10/2017  

De Robert Bober avec Robert Bober et des intervenants inconnus


Le documentariste Robert Bober ravive la mémoire de son arrière-grand-père parti de Pologne pour s'installer dans une Vienne moderne et cosmopolite, celle de Stefan Zweig, Joseph Roth, Arthur Schnitzler, à la veille de la montée en puissance du national-socialisme qui mettra fin à cette capitale culturelle.

Quand on parle de Vienne en Autriche, on s’imagine déjà voir cette ville historique sous ses plus beaux apparats actuels et autres ornements architecturaux, avec ses châteaux grandioses, ses jardins magnifiques, ses salles de concerts, ses célèbres cafés littéraires, ses grandes places, ses vieilles ruelles escarpées, son parc d’attractions, ses trams d’une autre époque, sans oublier ses valses de Strauss et son fleuve, le Danube serpentant le long de ses quasis. Bref, avec un titre pareil, on ne pouvait pas trop s’attendre à autre chose de différent !
Qu’elle n’est pas notre surprise ou, du moins, notre étonnement lorsqu’apparaît à l’écran dès le début le cinéaste français Max Ophüls, disparu en 1957, jouant un narrateur dans l’introduction de l’un de ses films les plus connus, La ronde, faisant référence à la plus grande ville d’Autriche ? Puis, des images d’aujourd’hui où se mêlent paysages enneigés pris d’un train, extraits d’un reportage tourné à New-York dans les années 70, et balades dans un cimetière viennois complètement abandonné (l’affiche ci-dessus représente d’ailleurs cet endroit) en quête d’une pierre tombale, sur fond de commentaires en voix off, celle du réalisateur Robert Bober. Ce dernier est en réalité à la recherche de la tombe de son arrière grand-père maternel venu s’installer dans la Capitale autrichienne dans les années 1910, juste avant la 1ère guerre mondiale.
Donc, un film testament en quelque sorte ? Tout y est justement rassemblé pour nous inciter à le croire, puisque de Vienne, on n’y voit que certains endroits où, s’il avait connu son « grand papy » encore de ce monde lors de sa prime jeunesse, il l’aurait sûrement emmené se promener un peu partout et, peut-être même, seraient-ils aller boire un verre en lisant des journaux provenant du monde entier dans un de ces fameux cafés ? Mais c’est surtout un film contre l’oubli que Bober nous propose ici, plongé dans le passé à travers des photos et des dessins posés sur rouleau, le tout émaillé autant de souvenirs imaginés, pensés et racontés au fur et à mesure de son errance « touristique », que d’images d’archives dévoilées, puisées dans des documents d’une période funeste pour beaucoup de ces habitants (contenant 2 millions de juifs en 1913, Vienne a fourni 40% de sa population qui finit dans les camps de concentration nazis).
Voilà donc une poignante « évocation de morts que l’on n’a pas connus », dixit l’auteur, Robert Bober, bien loin de guides formatés....

C.LB



 
 
 
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