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Dalton Telegramme : Victoria

le  20/09/2019   chez Art-i





Une seule petite chose s’installe aussi bénigne soit-elle, un timbre vocal par exemple qui s’impose de lui-même doucement mais sûrement voire inexorablement à nos oreilles, et vous voilà tout agacé, énervé pour ne pas dire même choqué parce que vous écoutez dans le paysage musical actuel. C’est vrai qu’il n’est plus nécessaire aujourd’hui de savoir parfaitement (bien) chanter, ni d’avoir une voix adéquate ou alors une tonalité nuancée : dorénavant, (presque) n’importe qui peut « graver » ses chansons et autres mélodies sur son téléphone et les télécharger sur un site web d’enregistrement dans le but d’être vu et entendu par le plus grand nombre et espérer ainsi remporter les suffrages auprès d’auditeurs souvent peu soucieux d’une certaine qualité.
C’est ce que semble vouloir nous dire ou, du moins, nous proposer le groupe belge Dalton Télégramme originaire de la région liégeoise, à travers cet album pop/folk plus parlé que chanté, bourré de textes certes travaillés mais tous plus ou moins profonds et mélancoliques, limite plaintifs, tout en douceur, plein de gentillesse affichée et de sensibilité exacerbée. 12 mélodies à boire et en goguette qui ne dépareillent pas d’un titre à l’autre, faussement rock’à’billy (Victoria) ou bien twist (Vol de nuit), festive et sautillante à souhait (Sparadrap – le 1er single - ; Le relais), sorte de ritournelle (Ton portrait – le 2ème single -) clopin clopante (Mon sanglot), tour à tour délicate (Loloita 83) et lente (Gare du Nord), sur fond d’orgue ou d’un quatuor à cordes (Pourvu qu’elle s’en lasse ; Tout à coup), devenant parfois épileptique sur les bords (Si tu reviens, j’annule tout).
Tout semble ici être réuni pour tenter de nous émouvoir, notamment par l’entremise de cette petite voix guillerette assez souvent, un peu de fausset qui ne correspond pas vraiment à l’esprit musical ambiant que l’on s’imaginait, un intermédiaire entre Ricet Barrier pour le phrasé et Renaud pour le ton, mâtiné de rythmes mid-tempo et de riffs de guitare rock d’antan. Doit-on pour cela remercier le producteur plutôt « ambitieux » Yann Arnaud (Air, Phoenix, Maissiat, Pomme, Dan San, Alex Beaupain, Syd Matters...) ? Ca a peut-être son charme pour des fans de nouveaux paysages sonores et de chansons dites à texte mais ça manque bigrement de force vive, d’arrangements subtils et de vocalises qui vont avec...
P.S. : Pour les amateurs, Dalton Télégramme sera en clôture du Festival FrancoFaune le 13 octobre.

C.LB



 
 
 
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