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Marie Mifsud : Récif

le  27/03/2020   chez L’Autre Distribution





C’est joyeux et mélancolique, c’est sérieux et espiègle, c’est calme et pétillant, c’est poétique et ensorcelant, c’est docile et surprenant, c’est autant classique que moderne, ça part un peu dans tous les sens avec une instrumentation plus ou moins débridée voire un peu folle qui part en sucette parfois, accompagné d’une voix de soprano en goguette qui s’amuse de quelques vocalises souvent explosives voire fulgurantes : bref, c’est tout cela à la fois l’univers musical inspiré de Marie Mifsud, un concentré de mélange de chanson française, de jazz, de twist, de pop, de rock, de tango, de java, d’a capella, etcétéra ! Cette auteure, compositrice et interprète se permet toutes les audaces, les libertés et les inventions possible afin d’explorer les limites de la musique sous toutes ses formes, jamais à court de styles ni d’idées et encore moins d’expressions.
Pour son 2ème album (toujours avec la présence d’Adrien Leconte, son alter ego, son batteur, son coproducteur et de surcroît son compositeur depuis ses débuts), l’artiste n’a pas mégoté sur les effets dit « spéciaux », parlant sur le percutant Au fur et à mesure (accompagnée du saxophoniste Pierrick Pédron), sautillant sur le cadencé Ca, entêtante sur le répétitif Passager (où le piano comme la flûte font leur propre gamme), chaloupée sur l’épuré Je ne sais pas (par petites touches virevoltantes), entraînante sur l’impressionnant Attitude (avec par moment un timbre lyrique de diva), douce sur Ballade (toujours avec le même joueur de sax), dansant sur le balancé Amusette, clopin-clopante sur le mélancolique Si tu savais, posée sur le valsant Taon des pluies (avec une flûte quelque peu frémissante), possédée sur le crescendo Postlude Ré2 (sonorités « traversières » à la Jethro Tull), allant même jusqu’à jouer l’échevelé sur le bastringue Doute et l’ébullition sur le pittoresque Tabou.
Pas un seul titre – et il y en a 14 en tout (dont 2 interludes instrumentaux) - qui puisse ressembler à un autre ! On pense à Björk, à Nina Hagen, à Beth Gibbons (Portishead) ou bien encore au groupe vocal Les Double Six (dans les années 60) ici et là mais rien qui puisse véritablement se coller à quelque chose de connu, de reconnu ou de déjà entendu : il y a de l’expérimental là-dessous sans que cela soit minimaliste, de la recherche arrangée sans que ça fasse habillé façon exercice de style, du performant délirant sans qu’on est l’impression d’assister à du hors norme. En résumé, c’est frais, c’est enthousiaste, c’est fantaisiste, c’est bigarré, c’est éclatant, c’est décapant, c’est décoiffant, en un mot, original. Donc, rendez-vous le 22 avril pour son concert avec son « band » au Studio de l’Ermitage à Paris (à 21h), puis en tournée dans toute la France....

C.LB



 
 
 
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