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Blond, Blond & Blond dans Mariaj en chonsons (jusqu’au 26 juillet)

le  04/02/2020   au Café de la Danse, 5 passage Louis-Phillipe 75011 Paris (le 04/02 à 20h, puis en tournée dans toute la France et à Avignon du 8 au 26 juillet à l’atelier théâtre actuel)

Mise en scène de Jean-Claude Cottilard avec Tø, Glär et Mår écrit par Blond, Blond & Blond




Lorsqu’ils arrivent sur scène, on se dit qu’ils ont vraiment l’air sympa ces trois-là, deux sœurs et leur frère, tous blonds, tous les trois suédois, dotés d’un charmant accent et d’une natte « blond(e) » disposée au hasard de leurs goûts à divers endroits de leur anatomie. Il y MÅR, teint de pêche et yeux de biche, souriante, et toujours émerveillée comme la petite fille qu’elle est apparemment restée ; GLÄR, galbée dans sa robe folklorique, l’air un peu sévère de maîtresse d’école derrière ses lunettes en écailles et, enfin, TØ, le garçon, petit voix fluette, débit hésitant, s’excusant presque d’être là.
En provenance de Suède, ils viennent célébrer avec nous les noces de leur ami et compatriote Magnus avec Gwendoline, d’où le nom de leur spectacle « Mariåj en chønsons ». Chacun d’eux va le faire à sa manière, notamment avec sa petite anecdote. Parmi leurs initiatives, ils nous proposent justement un petit « karaocul » au moment de l’« apéritouffe », pour célébrer les deux « tourteaux ». Et là, rien ne va plus, le « karaocul » leur échappe et les paroles adoptent une connotation ouvertement sexuelle qui se dérobe à leur apparente naïveté mais pas à leur réelle perversité. Leurs tentatives de faire plaisir aux mariés butent contre l’écueil de leurs difficultés avec la langue française et n’aboutissent qu’à enfoncer un peu plus les héros du jour.
Le public jubile devant ce chapelet de vilénies dites avec autant de gentillesse que de maladresse. Pendant une heure et demie de mélange des genres, le trio continue ainsi de faire honneur aux mariés sous forme d’un « Homaj » à la chanson française. Seront ainsi « invités » au mariage Benjamin Lebio et Vincent Delerbe : « viens dans ma maison, il y a du béton ciré » nous enjoint ainsi le chanteur à mèche. On reconnaitra aussi l’hilarante Camomille (évoquant la chanteuse Camille), le clerc Julien à l’église, et encore bien d’autres. Sans trop révéler les détails de ce festival désopilant où défilent les chanteurs français qui s’attribuent d’autres chansons, on mentionnera ici l’hilarante « Christine and the Jobi Joba », interprétant Chapichapo, l’incroyable évocation de Gainsbourg chantant l’air des 7 nains, sur l’ambiance musicale de « Love on the beat » et le trio « Dave the Punk et Daft Punk » reprenant les succès du plus français des chanteurs bataves. Difficile de les compter mais ce sont au moins 30 à 40 chansons qui passent ainsi à la moulinette de l’humour scandinave des Blond, Blond and Blond !
Les trois suédois (mais le sont-il vraiment ?) sont absolument parfaits. Ils sont talentueux au chant, à la guitare, à la contrebasse, au clavier, au Kazou. Ils n’incarnent pas, ils SONT leurs personnages. La lumière est soignée, la mise en scène est au service du spectacle et l’on assiste ici à un « divertissement » de grande qualité. Cerise sur le gâteau : on a beau chercher partout, les trois acolytes ne disent rien d’eux : on ne saura pas qui ils sont, s’ils sont vraiment frère et sœurs, et s’ils sont réellement suédois, le mystère restant ainsi total. Après tout qu’importe, on passe une « merveillüse » soirée avec ce « dëliciüx » trio pour le moins atypique.....

E.D



 
 
 
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