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Criminel (jusqu'au 20 décembre)

le  06/11/2017   au théâtre La Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron 75018 Paris (dimanche à 20h et lundi et mardi à 21h)

Mise en scène de Yann Reuzeau avec Frédéric Andrau, Morgan Perez, Blanche Veisberg et Sophie Vonlanthen écrit par Yann Reuzeau




Criminel, c’est la promesse d’un récit : en effet, il y a quinze ans, Boris a tué son père, suite logique d’années à supporter la violence et l’autoritarisme de son géniteur. Camille sa sœur adorée qui l’aime plus que tout et pourtant blessée le même soit, le défend au delà du raisonnable. Il y a aussi Xavier, l’ami, le quasi-frère devenu le fiancé de Camille, et il y a enfin Manon, l’ancienne fiancée.
Lorsque l’action débute, on apprend que le criminel sort de prison sa peine de 15 ans purgée. Entre pardon et rancœur, les relations entre les protagonistes vont se trouver modifiées, bousculées et même bouleversées…En une série de scènes courtes voire très courtes, ponctuées par l’ingénieux changement d’un décor circulaire sur rails qui enserre un plateau rond, on va passer du présent au passé d’avant le crime, transporté de l’appartement de Manon à un café en passant par la chambre de Camille et Boris petits. Mais voilà, au bout d’une demi-heure, l’ennui pointe ; au bout d’une heure, on souffle d’épuisement et une demi-heure plus tard, on soupire franchement en consultant sa montre. La libération ne viendra qu’au bout de deux heures interminables…
Car « Criminel », c’est une promesse non tenue : le texte est totalement indigent et n’évite aucun poncif d’écriture. Les comédiens en sont réduits à enchaîner banalités mal écrites (citons juste un extrait du dialogue : «qu’est-ce que vous avez tous à vouloir renouer avec le passé, à un moment, il faut lui lâcher la grappe au passé ! »), et clichés dignes des romans feuilletons d’autrefois, le tout, avec un sérieux que l’on aurait envie de faire voler en éclats.
Quant à la « mise en scène » signée de l’auteur même, elle plonge dans le caricatural : plutôt qu’un réel travail permettant au spectateur de comprendre ce qui se passe, on est face à de simples déplacements sur le plateau. Là où l’on attendait un peu de psychologie, on est face à une succession de mimiques ou plutôt de tics de jeu : colère, ironie, sourire, rires tentent de pallier la carence de direction d’acteurs de l’auteur/metteur en scène.
On est d’autant plus désolé en sortant du théâtre que le fameux auteur semble avoir enchaîné quelques belles réalisations depuis 2001 (comme Les débutantes, Monsieur le président, Puisants et miséreux, et Chute d’une nation). On oubliera donc vite celle-là.....

E.D



 
 
 
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