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- expo : Bourse de Commerce - Pinault Collection - « Avant l'orage » (jusqu'au 11 septembre 2023)

le  08/02/2023   au sein de la Bourse de Commerce, 2 rue de Viarmes 75001 Paris

Mise en scène de Emma Lavigne (commissaire) avec des oeuvres diverses et variées écrit par ou plutôt proposé par Emma Lavigne, directrice générale et Nicolas-Xavier Ferrand, chargé de recherche


De février à septembre, le cycle d’expositions « Avant l’orage », présentée par la Collection Pinault, invite à un cheminement, de l’ombre à la lumière, à travers des installations et des œuvres emblématiques pour certaines, inédites pour d’autres, d’une quinzaine d’artistes, qui s’emparent de tous les espaces de la Bourse de Commerce. Sur fond de dérèglement climatique, dans l’urgence du présent, avant que l’orage à nouveau n’éclate, les artistes de l’exposition inventent des écosystèmes instables figurant d’inédites saisons.

L'accrochage de la Collection Pinault soutient la naissance d’une ronde de saisons en devenir, d’écosystèmes en mutations, de micro-territoires en gestation, baignés dans une lumière tendant vers un crépuscule climatique mutant. Présage d’Hicham Berrada, qui immerge le visiteur dans un paysage en pleine transformation, nous fait prendre conscience de la beauté d’un monde sans nous. Chernobyl de Diana Thater nous fait pénétrer dans un paysage irradié, théâtre apocalyptique, tandis que Human Mask de Pierre Huyghe suit les faits et gestes d’un singe, errant dans ce qui semble être une ville abandonnée aux abords de Fukushima. Waterfall de Robert Gober met en scène une nature en trompe l’œil dont nous sommes irrémédiablement séparés tandis que le Untilled (jeu de mot entre « sans-titre » et « non-cultivé », « infertile »), toujours de Pierre Huyghe restitue le monde tel qu’il est vécu par les non-humains, des chiens aux insectes, au sein d’un compost engagé dans de nouvelles possibilités de fertilisation du monde.

La peinture est à la fois organique, chromatique et vénéneuse dans les empreintes que Thu Van Tran dépose sur les surfaces du white cube à partir de voiles d’hévéas transformés en caoutchouc par l’exploitation coloniale en Amazonie et en Asie depuis la fin du 19e siècle. Dans l’œuvre d’Anicka Yi, ce sont les cocons végétaux qui accouchent d’insectes robotiques, brouillant la frontière entre le naturel et l’artificiel, à l’image du cyborg de Donna Haraway, chez qui s’annule tous les dualismes issus de la modernité, pour mieux embrasser toutes les porosités entre les êtres et les identités : ces mutations s’annonçaient déjà dans les hybridations d’Alina Szapocznikow, où le corps humain se mêle au végétal comme à l’objet.



 
 
 
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