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Speakeasy (jusqu'au 24 mars)

le  23/03/2019   au La Cigale, 120 boulevard de Rochechouart 75018 Paris (le 23/03 à 20h et le 24/03 à 19h)

Mise en scène de Régis Truchy avec Xavier Lavabre, Ann-Katrin Jornot, Clara Huet, Vincent Maggioni, Andrea Catozzi et Guillaume Juncar écrit par la compagnie The Rat Pack


Ces deux représentations seront exceptionnelles puisque la talentueuse compagnie The Rat Pack sera accompagnée sur scène en live par collectif électro hip hop Chinese Man.


C’est un public nombreux - et pas forcément discipliné - qui viendra assister le 23/03 à la première de Speakeasy à La Cigale. Il faut dire que la promesse parait alléchante de prime abord : un mélange entre le cirque et une intrigue de gangsters.
En effet, pour ceux qui l'ont vu au Palais des Glaces en juin dernier, le ton avait été donné dès le début du spectacle : nous sommes dans les années 20, aux USA, dans un bar au temps de la prohibition (« Speakeasy » était le nom de code de ces endroits clandestins !). Pas un archétype ne manquait à l’appel : il y a le serveur affairé derrière son bar, la patronne du dit bar (c’est du moins ce que l’on nous a affirmé à l’issue du spectacle, son rôle n’étant pas clairement défini), un homme apparemment sans loi (mais là non plus, ce n’est pas très clair), ainsi qu’aussi et bien sûr le parrain avec son homme de main, sans oublier surtout l’inévitable pin-up.
Et c’est justement l’un des numéros de cette blonde aux jambes impeccables qui va attirer à nouveau en premier notre attention. C’est Clara Huet, comédienne et danseuse aérienne qui est la vedette de ce numéro lors duquel elle évolue dangereusement mais gracieusement au sein d’un cerceau placé en hauteur et agréablement lesté par l’homme de main, alias Guillaume Juncar. Dans un jeu de balancier, la sylphide monte et descend, et le puissant barbu en costume-cravate fait contrepoids de toute sa masse. La poésie s’installera ainsi un peu dans ce spectacle plutôt basé sur la performance physique.
Prenant toute la mesure de l’imagerie hollywoodienne, c’est une autre séquence qui enthousiaste le spectateur, parfois lassé de l’aspect répétitif d’autres numéros plus spectaculaires que bien mis en scène : une double chorégraphie sur scène et derrière un écran translucide met en jeu la joute amoureuse de deux couples et c’est superbe de simplicité et de poésie. Pour laisser la surprise au spectateur, on ne révélera rien du troisième numéro qui confine au sublime, on dira jusque qu’il met en scène toute la troupe derrière le bar et que c’est un jeu absolument réjouissant d’apparitions et de disparitions.
Ils sont nombreux, en ce moment, ces spectacles qui mélangent cirque et théâtre et ils ont souvent le même défaut : la maitrise des arts du cirque y est souvent impeccable, voire très talentueuse mais la force de conviction des artistes dans l’art du jeu théâtral pêche souvent un tant soit peu. Speakeasy n’y fait pas exception. L’histoire de gangsters, parfois incompréhensible n’est qu’une toile de fond au service des numéros de cirque.
Un bilan un peu mitigé donc à la sortie de ce Speakeasy lors de sa représentation au Palais des Glaces, même si l’on peut aisément nous objecter que ce soir-là - qui était d'ailleurs la première où nous avons assisté au spectacle ! -, trac et absence de rodage du spectacle devaient inviter à une certaine indulgence.

E.D



 
 
 
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