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Péguy le visionnaire (jusqu’au 25 novembre)

le  10/09/2018   au théâtre de La Contrescarpe, (les lundis à 20h jusqu’au 15/10, les mardis à 20h du 2 au 9 et le 16/10, les dimanches à 18h30 du 21/10 au 25/11 sauf le 28/10)

Mise en scène de Laetitia Gonzalbes avec Bertrand Constant écrit par Samuel Bartholin




Sur la minuscule scène du Théâtre de la Contrescarpe, ils sont près d’une dizaine à défiler pour évoquer en une heure quinze la vie de Charles Péguy. Ou plutôt, il est seul, Bertrand Constant, lui qui a choisi de porter d’un seul homme tous les rôles (une dizaine donc) de ceux qui ont croisé et marqué la carrière emblématique de ce « poète et penseur engagé du 20ème siècle », comme le décrit le site internet de l’amitié Charles Péguy. Dans ce récit chronologique, se succèdent ainsi sa mère, des socialistes, des antidreyfusards, des membres de l’action française, pour ne citer que les plus marquants et, bien sûr, il y a Péguy lui-même que l’on découvre un peu sentencieux, la voix grave et le corps pesant…Avec le temps, on suit les différents engagements de l’écrivain : défenseur de Dreyfus, socialiste, chrétien très admiratif de la figure de la Vierge, et surtout de Jeanne d’Arc.
Défilent les années et les figures que le comédien incarne souvent avec talent : on retiendra les plus marquants tels que Paul Gerbier des Joncs, journaliste, qui accouchera le récit de Péguy ; Georges Mandard, représentant de l’Action française, une sorte de beauf accompagné de l’incontournable abbé coincé à souhait…Le dispositif, ingénieux fait se succéder les séquences (brèves) de la vie de l’homme de lettres et permet au comédien de revêtir chaque nouvelle identité sans costumes ni accessoires. Une voix off féminine vient parfois réciter des extraits passés de la prose ou de la poésie de l’auteur, en parfaite contradiction avec sa prise de position immédiate.
Fan de Péguy ou bien parfait ignorant, le spectateur ne n’ennuie pas d’autant que le pouvoir de conviction du comédien fait passer- presque toutes les métamorphoses, y compris féminines. A l’issue de la pièce, le béotien en sait plus sur la figure complexe et contradictoire de Péguy, qui fut l’objet de toutes les récupérations nauséabondes telles celle de Mussolini ou du régime vichyste. Le spectacle, forcément simplificateur, est didactique tout en évitant toute pédanterie. « Son héritage intellectuel est aujourd’hui souvent méconnu », regrette le site de l’amitié Charles Péguy.
S le « Péguy, le visionnaire » est un spectacle de qualité, pas sûr que l’on ait envie pour autant de se plonger dans son « Mystère de la charité de Jeanne d’Arc » ou dans son recueil de poésie « le Porche du Mystère de la deuxième vertu », même si, selon l’auteur « tout commence mystique et finit politique »....

E.D



 
 
 
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