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Speculum (jusqu’au 16 février 2019)

le  10/01/2019   au théâtre de La Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron 75018 Paris (du mercredi au samedi à 19h, ainsi que le 05/03 à Cherbourg et du 31/05 au 02/06 à Joué-les-Tours)

Mise en scène de Delphine Biard, Flore Grimaud et Caroline Sahuquet avec Delphine Biard, Flore Grimaud et Caroline Sahuquet écrit par Delphine Biard, Flore Grimaud et Caroline Sahuquet




Un accueil peu commun que celui auquel a droit le spectateur de « Speculum » à la Manufacture des Abbesses ! Il est d’abord salué à son entrée par les comédiennes du spectacle, puis, selon son emplacement dans la salle, il est ensuite rejoint par l’une des protagonistes qui s’asseyant à ses côtés va lui conter une anecdote qui lui est arrivée lors d’un examen gynécologique. Mais le récit est interrompu par le signal donné du début du « vrai » spectacle, celui qui est donné sur scène.
Au cas où le titre laisserait planer une certaine ambiguïté, on parle ici du rapport de la femme avec le gynécologue, l’obstétricien, la sage-femme, tous ceux qui, professionnels de santé, se penchent sur l’intimité de la femme, et sont susceptibles d’utiliser cet objet médical intrusif et honni de toutes les femmes qui donne son sens au titre de la pièce. Les comédiennes talentueuses de Speculum déroulent ainsi les récits de femmes anonymes, ou figures de la lutte féministe, telles que Benoite Groult.
On y parle de la maltraitance gynécologique, de la grande visite, lors de laquelle le grand professeur accompagné de ses nombreux étudiants, exhibe le corps de la femme opérée dans un but pédagogique. On y parle de l’IVG, de l’accouchement… On y parle aussi, longuement, de ce Distilbène, ce duo de pilules rose et verte qui, loin de prévenir les avortements spontanés et les accouchements prématurés, a provoqué dans les années 1970 de nombreuses déformations gynécologiques chez les femmes, aboutissant à leur infertilité, et ce jusqu’à la troisième génération.
Les trois comédiennes sont impeccables et la variété de leur jeu permet d’éviter la monotonie. Cependant, si le propos est d’un intérêt certain, Speculum pèche un peu par sa forme : l’assemblage des discours, des narrations et autres témoignages ne font pas un récit cohérent et la fin de la pièce « c’est l’heure, il y a un spectacle qui nous suit », ressemble fort à une fin en queue de poisson. Il y a là une belle matière et un trio de comédiennes qui ont du plaisir à jouer ensemble et l’on attend donc avec impatience une nouvelle mouture de la pièce qui serait d’essence autant théâtrale que militante.

E.D



 
 
 
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