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Main basse sur le magot (jusqu’au 8 mars 2020)

le  13/12/2019   au théâtre Funambule-Montmartre, 53 rue des Saules 75018 Paris (du mardi au samedi à 19h ou à 21h et dimanche à 17h45)

Mise en scène de Jacques Décombe avec Daphnée de Quatrebarbes, Mathilde Bourbin, Arnaud Cassand et Julien Héteau écrit par Arnaud Cassand (librement inspiré de l’œuvre d’Edouard Bourdet)




S’inspirer de l’œuvre d’Edouard Bourdet, l'un des principaux fournisseurs du théâtre de boulevard de l'entre-deux-guerres, est plutôt signe d’un genre de pièce d’antan plus ou moins connoté passéiste, dite également des faubourgs (là où se nichaient la plupart des établissements de spectacles à l’époque dont certains subsistent encore actuellement !), par son côté franchouillard, léger et sans prétention. Loin de vouloir parodier son répertoire assez fourni, l’auteur et comédien Arnaud Cassand (vu aussi bien dans Macbeth de Ionesco que dans Léonie est en avance de Feydeau !) a plutôt préféré s’amuser à réécrire à sa façon une version d’un de ses très grands succès, Fric-frac, mis en scène en 1936 et notamment repris l’année dernière au théâtre de Paris, avec style, rythme et drôlerie sans trop appuyer.
S’octroyant le rôle d’un petit voyou de service, certes escroc, balourd, tocard et véritable bras cassé mais touchant au possible, ce dernier ne se prive pas de jouer à fond la carte du « causer l’argot » beaucoup employé à cette fameuse période, avec des mots, termes et autres expressions « d’un autre âge » (souvenez-vous entre autres des célèbres répliques devenues cultes de Jean Gabin, Lino Ventura ou bien encore Bernard Blier en ce temps-là, dont la plupart écrites par Jacques Audiard !), néanmoins toujours en vigueur pour quelques-uns et même encore utilisés de temps à autre au cinéma. Un parler il faut bien le dire dépassé aujourd’hui mais au parfum si vintage qu’il en reviendrait presque à la mode !
Bref, Arnaud Cassand ne s’est pas privé d’en placer ici et là, à bon escient, un moyen de donner à sa création théâtrale un p’tit goût de « reviens-y ». Son histoire de cambriolage raté, fomenté et monté par une bande de minables voire d’incapables, des branquignols ou, si vous préférez, des « caves », sur fond d’amourette bon enfant et de bons sentiments du temps jadis, ne fait nullement défaut ni désuet, juste un poil gentillet (et pour cause !). On rit de bon cœur devant les péripéties et les pérégrinations de ces 4 personnages – interprétés par des comédiens aussi pétillants qu’amusants – qui n’en loupent pas une pour rendre ce divertissement tonitruant à souhait et à ne surtout « pas mettre au clou ». Voilà donc une bonne occasion de se replonger dans une ambiance des années 30 des plus jubilatoires qui soit, décors astucieux et costumes d’époque compris...

C.LB



 
 
 
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