en 
 
 
cinema

 
 

Une histoire d’amour (jusqu’au 15 novembre)

le  12/09/2020   au La Scala Paris, 13 boulevard de Strasbourg 75010 Paris (du mardi au samedi à 19h et dimanche à 15h)

Mise en scène de Alexis Michalik avec Pauline Bression, Juliette Delacroix, Alexis Michalik, Marie-Camille Soyer, et en alternance Lior Chabbat, Violette Guillon et Amélia Lacquemant écrit par Alexis Michalik




A priori, rien ne devait les rassembler ces deux-là, Justine, la petite hétéro discrète et Katia qui n’est jamais sortie qu’avec des femmes. Pourtant, à la faveur d’une soirée un peu arrosée, la timidité passée, Justine va passer le pas et vivre sa première expérience homosexuelle. Peu à peu, un amour fort et durable va se forger entre les deux femmes qui vivent désormais ensemble, mariées symboliquement (nous sommes en 2005 et le mariage pour toutes n’existe pas encore).
Bientôt, le désir d’être mère se fera sentir pour Justine et, malgré ses réticences, cabossée qu’elle est par la vie, Katia acceptera de tomber enceinte. Bientôt, l’enfant paraitra. Mais, le sort porte son ombre menaçante sur le bonheur des deux femmes et la douce idylle prendra un tournant inattendu. Sa compagne enceinte, Justine disparaitra d’un coup pour fonder une famille avec un homme. Katia mourra alors que Jeanne sa fille n’a que 12 ans. Seule solution : la confier à son frère William, écrivain alcoolique et désabusé.
Il y avait là de quoi faire un joli mélo, ou alors une comédie. Mais l’auteur et metteur en scène joue la valse-hésitation : dans sa mise en scène faite de trop courtes séquences sans cesse interrompues par des changements de costumes et des mouvements d’accessoires, on passe sans cesse et sans transition d’une scène émouvante à un numéro de cynisme de William, alias Alexis Michalik. Car c’est l’auteur-metteur en scène lui-même qui incarne le tonton cynique qui accueille avec réticence sa nièce surdouée et si mature mais désormais orpheline. Certes son personnage est cynique, certes il est cassé par la vie, mais certaines de ses saillies (parfois drôles, il faut le reconnaitre) interviennent hors de la logique du texte que Michalik a lui-même écrit.
Parfois gênantes, elles empêchent le spectateur de croire à la sincérité des sentiments des autres personnages et rayent d’un trait l’émotion parfois naissante. On a l’impression que le chouchou du théâtre privé, tout emporté par le plaisir de revenir sur scène, en oublie presque qu’il a des partenaires de jeu. Malgré ces défauts, que l’on mettra sur le compte du rodage (nous l’avons vu le deuxième jour de la reprise), ce spectacle un peu facile et léger peut se regarder sans déplaisir. Le soir de notre venue, il a recueilli l’adhésion et l’enthousiasme d’un public plutôt nombreux. Parmi les pièces de Michalik, on nous permettra cependant d’en préférer une autre (il y en a quatre actuellement sur les scènes parisiennes) « Le porteur d’histoires », actuellement présentée aux Béliers parisiens.

E.D



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique