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Amok (jusqu'au 3 décembre)

le  11/10/2017   au théâtre Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris

Mise en scène de Caroline Darnay avec Alexis Moncorgé écrit par Stefan Zweig




Impossible de ne pas aller voir Alexis Montcorgé au Théâtre Lucernaire si vous êtes fan de Ste « fan » Zweig ! Amok, une des plus célèbres nouvelles dont l’action se situe en 1912, bien qu’écrite en 1922 par l’écrivain autrichien, s’y joue après avoir eu un gros succès au festival off d’Avignon de 2015. Plusieurs adaptations au cinéma, mais c’est la première véritable interprétation au théâtre. Déjà, en prenant l’escalier pour rejoindre la petite salle telle une cale de bateau avec des caisses en bois, on sent bien que la descente aux enfers n’est pas loin, ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on connait l’œuvre de Zweig.
Un homme dans la pénombre boit un verre de whisky, allume une cigarette, l’éteint et commence son récit : suite à un vol d’argent (par amour) dans la caisse de l’hôpital, ce médecin a du partir en mission en Malaisie dans un coin isolé pour y exercer sa profession parmi les indigènes. Il raconte pourquoi il est sur ce bateau en partance pour l’Europe. Une belle, élégante mais hautaine bourgeoise « blanche » est venue un jour exiger un service. On comprend très vite qu’elle veut avorter « discrètement » avant le retour imminent de son mari. Ne voulant pas plier à sa demande si elle ne change pas d’attitude à son égard et n’ayant pas davantage de considération pour lui, le médecin trop orgueilleux refuse même l’offre financière importante qu’elle lui fait et cette dernière s’enfuit. Tel un Amok (un fou meurtrier en Malaisie), il part dans une course effrénée pour la retrouver et réparer son erreur et la sauver de son déshonneur.
Alexis Montcorgé, seul en scène et jouant chaque personnage, embarque le public dans les rues moites d’une ville asiatique. « Amok », sans répit et regard fiévreux, poursuit sa course infernale, obsédé par cette femme. Le spectateur assiste épuisé à sa folie amoureuse où le réel se confond avec l’imaginaire. Alexis Moncorgé, qui a adapté également ce texte, est totalement investi par ce rôle et nous envoute. Une telle intensité est rare sur scène : il est absolument bouleversant, d’autant que la tension est à son comble et que les larmes qui coulent sur son visage ne sont pas feintes ! Caroline Darnay, de formation danseuse, a fait une mise en scène brillante et très « physique », les jeux de lumière et la bande son apportant le mystère aux confidences.
Le nom de Montcorgé ne vous rappelle-t’il pas quelqu’un ? Eh oui, il s’agit bien du petit-fils de Jean-Alexis Moncorgé alias Jean Gabin ! Décidément, le talent est dans leurs gènes et la modestie aussi car bien qu'ovationné à la fin du spectacle, le comédien remercie le public de son attention et sollicite le bouche à oreille pour que la belle aventure se poursuive puisque chaque soir est un autre récit vraiment époustouflant !

L.BV



 
 
 
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