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Speakeasy (jusqu'au 1er septembre puis à partir du 28 novembre)

le  01/06/2018   au Palais des Glaces, 37 rue du faubourg du Temple 75010 Paris (du mardi au samedi à 20h et, à partir du 28/11, du mercredi au samedi à 19h et dimanche à 15h)

Mise en scène de Régis Truchy avec Xavier Lavabre, Ann-Katrin Jornot, Clara Huet, Vincent Maggioni, Andrea Catozzi et Guillaume Juncar écrit par la compagnie The Rat Pack




C’est un public nombreux et pas forcément discipliné qui assistait en ce vendredi 1er juin à la première de Speakeasy au Palais des Glaces. Il faut dire que la promesse paraissait alléchante de prime abord : un mélange entre le cirque et une intrigue de gangsters.
Dés le début du spectacle, le ton est ainsi donné : nous sommes dans les années 20, aux USA, dans un bar au temps de la prohibition (« Speakeasy » était le nom de code de ces endroits clandestins !). Pas un archétype ne manque à l’appel : il y a le serveur affairé derrière son bar, la patronne du dit bar (c’est du moins ce que l’on nous a affirmé à l’issue du spectacle, son rôle n’étant pas clairement défini), un homme apparemment sans loi (mais là non plus, ce n’est pas très clair), ainsi qu’aussi et bien sûr le parrain avec son homme de main, sans oublier surtout l’inévitable pin-up.
Et c’est justement l’un des numéros de cette blonde aux jambes impeccables qui attire en premier notre attention. C’est Clara Huet, comédienne et danseuse aérienne qui est la vedette de ce numéro lors duquel elle évolue dangereusement mais gracieusement au sein d’un cerceau placé en hauteur et agréablement lesté par l’homme de main, alias Guillaume Juncar. Dans un jeu de balancier, la sylphide monte et descend, et le puissant barbu en costume-cravate fait contrepoids de toute sa masse. La poésie s’installe ainsi un peu dans ce spectacle plutôt basé sur la performance physique.
Prenant toute la mesure de l’imagerie hollywoodienne, c’est une autre séquence qui enthousiaste le spectateur, parfois lassé de l’aspect répétitif d’autres numéros plus spectaculaires que bien mis en scène : une double chorégraphie sur scène et derrière un écran translucide met en jeu la joute amoureuse de deux couples et c’est superbe de simplicité et de poésie. Pour laisser la surprise au spectateur, on ne révélera rien du troisième numéro qui confine au sublime, on dira jusque qu’il met en scène toute la troupe derrière le bar et que c’est un jeu absolument réjouissant d’apparitions et de disparitions.
Ils sont nombreux, en ce moment, ces spectacles qui mélangent cirque et théâtre et ils ont souvent le même défaut : la maitrise des arts du cirque y est souvent impeccable, voire très talentueuse mais la force de conviction des artistes dans l’art du jeu théâtral pêche souvent un tant soit peu. Speakeasy n’y fait pas exception. L’histoire de gangsters, parfois incompréhensible n’est qu’une toile de fond au service des numéros de cirque.
Un bilan un peu mitigé donc à la sortie de ce Speakeasy, même si l’on peut aisément nous objecter que le soir de la première (le soir où nous avons assisté au spectacle), trac et absence de rodage du spectacle doivent inviter à une certaine indulgence.

E.D



 
 
 
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